DES COMBINES AVEC L'IRAK ET LA LIBYE A LA CSC...SELON L'HEBDOMADAIRE LE VIF

GUILLAUME,ALAIN

Page 5

Samedi 9 septembre 1989

Des combines avec l'Irak

et la Libye à la CSC...

selon l'hebdomadaire Le Vif

Pas piquée des vers... la dernière livraison de l'hebdomadaire «Le Vif» qui, dans sa dernière édition et sous la signature de Serge Dumont, tire à boulets ramés sur un homme dont on parlera encore: Nouri Lekbir. Des coups de canon qui, au passage, font quelques dégâts dans les rangs de la CSC et dans quelques ministères.

Robert D'Hondt, le patron du syndicat chrétien dénoncé - au mieux - comme le «pigeon» d'une farce montée par Lekbir, l'Irak et la Libye, n'apprécie guère. Balivernes, mensonges, amalgames, dit-il en substance...

«Exclusif. Irak-Libye, les combines de la CSC» en page une; «Les combines à la CSC», en page intérieure... Le Vif-L'Express y va fort, dans son numéro du 8 septembre. D'abord, un rapide portrait de Nouri Lekbir, né à Setat, au Maroc, mineur dans le Limbourg, grimpant dans la hiérarchie de la CSC...

Ensuite viennent les premières banderilles plantées par notre confrère matador Serge Dumont : les bons conseils de M. Lekbir à M. Dhondt et le profit que M. Lekbir pourrait en avoir tiré; le «syndicat-bidon» Union des travailleurs arabes, «qui ne représente personne à part son chef, M. Lekbir»; le «flirt» de M. Lekbir avec les Marocains, puis les Libyens...

Arrive enfin la «mise à mort»: les innombrables «combines» tournant pour la plupart autour de l'Ecole de l'unité arabe (EUA) et des Maco (Maisons arabes de la culture ouvrière) créées par le syndicat chrétien en Wallonie et à Bruxelles et confiées à la tutelle de M. Lekbir. Quelles «combines»? Des fausses factures, des devis gonflés, des faux, des vols, des détournements, des subsides de l'Etat obtenus pour des services déjà payés autrement, des subsides «occultes» arrivant directement ou indirectement à la CSC de l'Irak et de la Libye. Autant d'affaires pour lesquelles Le Vif prétend, après 18 mois d'enquête, détenir quantité de preuves écrites.

A la lecture du Vif, la CSC et Robert D'Hondt ont, on s'en doute, réagi «vivement», acceptant mal d'être mis, au mieux dans le rôle du naïf grugé par l'escroc, au pire dans le rôle du complice. Ainsi, «la CSC proteste contre les calomnies inacceptables proférées contre elle par Le Vif». Et elle ajoute: «Ce qui dérange principalement certains, c'est que la CSC ait établi des relations internationales avec le mouvement syndical arabe. Par ailleurs, nous organisons en Belgique une importante communauté de travailleurs arabes: il y a des accords mis en place pour aider aux activités culturelles et d'éducation de cette communauté sans allégeance d'aucune sorte avec aucun gouvernement d'aucun pays.» Enfin, la CSC promet: «En ce qui concerne l'amalgame qui est fait dans différents domaines et ce dans une série d'articles, nous publierons à bref délai les mises au point qui s'imposent.»

Outre son action au sein de la CSC, M. Nouri Lekbir est également «au coeur du débat» à propos de «l'affaire Javeau», et sous le regard très attentif de gendarmes, de policiers judiciaires et d'enquêteurs du Comité supérieur de contrôle. De M. Lekbir, nulle réaction officielle jusqu'à présent.

Al. G.