DES HANDICAPES EPARGNES PAR LA REFORME DES ATELIERS PROTEGES LES ENTREPRISES ADAPTEES EMBAUCHENT

SCHOUNE,CHRISTOPHE

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Samedi 21 février 1998

Des handicapés épargnés par la réforme des ateliers protégés

Les entreprises adaptées embauchent

Aucune perte d'emploi et même une croissance légère. Le ministre Charles Picqué, en charge de l'aide aux personnes handicapées, dressait hier le bilan rose de la réforme des ateliers protégés à Bruxelles. Contrairement aux autres régions, elle est tout bénéfice pour les populations concernées.

Rappelons que la réforme de ce secteur qui emploie 1.700 personnes handicapées et 200 personnes valides à Bruxelles, visait globalement à revaloriser la place des ateliers protégés, devenus entreprises de travail adapté, dans la politique des personnes handicapées. Fait notoire : l'augmentation du salaire minimum dès juillet 1997.

L'objectif est atteint, affirme Charles Picqué, en réponse à une interpellation de Jacques De Coster à la Commission communautaire française. On assiste à une véritable réforme de l'esprit d'entreprise de ces institutions. Leur rôle redéfini les a confortées dans leur travail, leur mission sociale sur l'échiquier politique les a valorisées et les nouvelles normes d'encadrement n'ont fait que renforcer cet aspect des choses.

Bonne nouvelle, donc : la réforme a permis aux ateliers bruxellois de ne pas licencier, à l'exception spectaculaire du Pac, fermé pour cause de faillite. Nombre d'entreprises embaucheraient même pour le moment, selon Picqué, qui se félicite d'avoir garanti au mieux la place des moins productifs (80 % des travailleurs), alors que ceux-ci ont souffert de la réforme dans les autres régions. Au total, la Cocof a injecté près de 100 millions dans l'opération :

Ceci ne doit pas masquer les difficultés économiques que rencontrent certains ateliers. Mais ces difficultés n'ont rien à voir avec la réforme, tempère Charles Picqué. Le contrat d'adaptation professionnelle commence à porter se fruits et de jeunes travailleurs, lourdement handicapés, sont engagés à l'essai dans ce cadre.

Prochaine échéance ? La discussion, d'ici juillet, relative à la prise en charge par le fédéral et les Régions du revenu minimum mensuel. Région flamande, wallonne, Cocof et Communauté germanophone sont unanimes pour dire qu'elles ont fait l'effort nécessaire pour atteindre les 80 %. Tout effort supplémentaire pour atteindre les 100 % doit venir du fédéral, qui a tiré profit de l'opération l'an dernier, estime Picqué. Il semble que nous allions vers un accord en ce sens...

Ch. Sc.