Des millions de morts depuis 1900

BORLOO,JEAN-PIERRE

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Vendredi 31 décembre 2004

Des millions de morts depuis 1900

JEAN-PIERRE BORLOO

Les chiffres et les statistiques sont là pour pallier les pertes de mémoire des individus. L'analyse des données sur les catastrophes naturelles, par exemple, permet aussi une meilleure connaissance des phénomènes et davantage d'anticipation et d'efficience sur le terrain.

La Belgique est à la pointe en ce domaine ; elle dispose d'un centre mondialement connu (1). Les données récoltées par le Cred (Center for Research on the Epidemiology of Disasters, de l'UCL) font référence en la matière. Elles remontent à 1900 et nous remémorent de terribles catastrophes. Et montrent la fragilité de certaines zones.

En Chine, par exemple, tremblements de terre et inondations ont fait des millions de morts : 3,7 et 2 millions de morts, en 1931 et en 1959, à cause d'inondations, et 242.000 morts en 1976 suite à un séisme.

Mais les plus grands phénomènes tueurs ont été les famines et les épidémies, qui ont surtout touché l'ex-Union soviétique : 5 millions de morts dûs à la famine en 1932 et 2,5 millions de morts en 1917 à cause d'épidémies.

Les tempêtes de vent ont aussi fait 300.000 morts au Bangladesh en 1970. Citons encore l'éruption volcanique qui a tué 30.000 personnes en Martinique, le 8 mai 1902.

En remontant encore plus loin, il y a la terrible explosion du volcan Krakatoa, en 1883 en Indonésie, qui a provoqué un gigantesque tsunami dont on dit que la vague avait 40 mètres de haut et même qu'elle aurait fait le tour de la Terre. 37.000 personnes seraient mortes.

Les données chiffrées du Cred montrent aussi la progressive mais régulière augmentation des catastrophes naturelles depuis les années 1960. Ces données sont-elles fiables ? Debarati Sapir, directrice de ce centre, explique : Les chiffres proviennent d'une série de sources internationales avec qui nous avons des accords bilatéraux (les agences des Nations Unies, l'OMS, la Croix-Rouge, les compagnies de réassurance...). Ces données sont ensuite contrôlées et vérifiées. Mais ces associations reconnaissent la difficulté de chiffrer les morts.

Le but des bases de données ? Nous sommes un service public, payé par le gouvernement des Etats-Unis et par l'UCL, afin de réaliser un monitoring de la situation épidémiologique liée aux catastrophes, ajoute Debarati Sapir. Notre but est de servir le public international : les Nations Unies, les ONG... Cela leur permet de mieux préparer leurs stratégies, en matière de prévention et de réponse à donner aux catastrophes. C'est le premier centre de ce type qui a été créé au monde.·

(1) Infos : www.cred.be