Des statistiques du Comité subrégional de l'emploi L'emploi examiné sous toutes ses coutures Un petit tour d'horizon du secteur Et si on créait un observatoire?

BODEUX,JEAN-LUC

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Jeudi 16 mars 2000

Des statistiques du Comité subrégional de l'emploi L'emploi examiné sous toutes ses coutures

Le Comité subrégional de l'emploi vient de réaliser un tableau statistique complet de l'emploi et du non-emploi en province de Luxembourg. Ces données chiffrées existent mais sont souvent éparses et incomplètes. Le CSFE (Comité subrégional de l'emploi et de la formation du Luxembourg belge) a donc décidé de combler cette lacune en réalisant un état des lieux de l'emploi salarié et indépendant, comme ses 8 confrères wallons. Ce travail a été réalisé avec toute une série d'organismes et d'institutions internes et externes à la province, le tout sous la coordination d'un expert indépendant. L'année de référence est 1997, dans l'attente de statistiques plus fraîches, celles de 93-95 permettant de mesurer l'évolution.

Lors de l'élaboration du «Pacte de solidarité» établi par les partenaires sociaux, un des axes de travail prioritaires qui a été retenu par le CSFE portait sur la problématique d'observation de l'emploi, de sa gestion prévisionnelle et de l'adéquation entre l'offre et la demande, explique Bénédicte Lemaire, chargée de mission au CSFE. Ce tableau de bord et l'analyse qualitative de quelques secteurs d'activités permettront de mieux remplir nos missions mais également d'aider les acteurs économiques en terme d'emploi et de formation.

Ce projet, cofinancé par la Région wallonne et le Fonds social européen, devrait être actualisé au fil des ans. C'est du moins le souhait des «comités sub» qui ont réintroduit un dossier auprès du FSE. Cette analyse permet en tous cas d'avoir une vision précise à l'échelon de la province, mais aussi au niveau global puisque la méthodologie retenue est commune à la Wallonie.

Cette recherche - qui ne tient pas compte des 20.000 frontaliers, puisqu'elle se limite à la seule province - a trouvé forme dans divers documents. L'un de ceux-ci donne des statistiques complètes pour une soixan- taine de secteurs d'activités. Par ailleurs, 15 fiches décrivent en détail des secteurs jugés caractéristiques pour le Luxem -bourg. Enfin, une plaquette reprend les données phares relatives à l'emploi et au non-emploi.

J.-L. B.

« Le tableau de bord sur l'emploi en Luxembourg » est disponible contre 350 F au CSEF, 140 rue des Déportés, 6700 Arlon (Infos: 063-24.25.26).

Un petit tour d'horizon du secteur

Emploi salarié. La province comptait en juin 97, 6.229 établissements qui offraient 62.129 emplois. Soixante pour cent de l'emploi salarié se concentrent dans 5 branches d'activité: l'administration publique, l'éducation, la santé et l'action sociale, la construction, le commerce de détail. Le secteur quaternaire (tertiaire non marchand) occupe la moitié de ces emplois. Le secteur primaire est marginal en terme de salariés, mais pas en terme d'emploi indépendant.

Evolution. Le nombre de salariés a augmenté de 3.100 unités entre 93 et 97, une progression de 5,3 % plus soutenue qu'en Région wallonne (+1,9 %) et en Belgique (+2,9 %).

Petites entreprises. Le Luxem -bourg se caractérise par un tissu de PME. Sur les 6.229 entreprises, 6.031 occupent moins de 50 personnes. 92 entreprises de plus de 100 personnes - 1,5% du paysage - occupent 40 % de la main-d'oeuvre salariée.

Hommes/femmes. La moitié des salariés sont des hommes travaillant à temps plein, pour 6 % de temps partiel. 43 % des postes sont donc occupés par des femmes, soit 19 % à temps plein et 24 % à temps partiel.

Indépendants. En 97, il y avait 21.261 indépendants, à titre principal ou complémentaire. L'emploi indépendant progresse très légèrement (+0,8 %). Commerce et agriculture occupent la moitié des postes.

J.-L. B.

Et si on créait un observatoire?

Le gouverneur Caprasse a tiré quelques conclusions suite à la réalisation de ce travail. Je retiens que 40 % de la masse salariale repose sur 1,5 % des entreprises de la province. C'est une situation fragile. Il faut axer nos priorités pour faire émerger des entreprises de niveau moyen en terme d'emplois - de 50 à 100 personnes -. C'est là que se trouve le potentiel de croissance. Il faut donc aider nos PME à grandir pour arriver à cette taille, fondamentale dans l'Europe de demain.

Autre réflexion, qui vise toutes les entreprises du secteur économique. Il y a plusieurs organismes qui réalisent des études internes: la FUL - mais M. De Schrevel, son mentor, va être pensionné -, la CCILB, Idélux, la Banque Nationale, le Forem, etc. J'en appelle à la constitution d'un observatoire économique dans le Luxembourg. Il faut travailler en réseau, mettre ses compétences en commun pour avoir un outil d'analyse global et précis. Il est fondamental de créer cette plateforme.

J.-L. B.