DES VIEUX FLAMANDS NE VEULENT PAS ALLER SEULS AU PARADIS

EVENS,THIERRY

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Mardi 30 septembre 1997

Des vieux Flamands

ne veulent pas aller

seuls au paradis

Les pensionnés et prépensionnés de la FGTB, flamands, wallons et bruxellois mêlés, ne veulent pas de l'assurance autonomie proposée par la ministre flamande Wivina Demeester. Ils réclament une assurance fédérale, universelle, financée sur l'ensemble des revenus. Les seniors flamands du syndicat font passer l'éthique de la solidarité avant le symbolisme nationaliste et un probable intérêt personnel. Cette attitude mérite un mot d'explication.

Une assurance autonomie pour les personnes très âgées devient nécessaire. L'espérance de vie progresse et des classes d'âge nombreuses approchent de la pension. Le nombre de plus de 80 ans va augmenter de 162.000 unités en vingt ans. Beaucoup de ces aînés, pour garder une vie de qualité, auront besoin d'une aide pour la plupart des actes de la vie quotidienne et sociale : toilettes, préparation des repas, transport...

Depuis près de dix ans, le gouvernement fédéral parle d'une assurance autonomie. Le projet patine en partie par manque d'argent, et en partie pour des questions communautaires. La Flandre, responsable de l'aide aux personnes, est tentée d'intégrer le secteur.

Fin août, nous avons titré : «C'est en Flandre que les vieux iront au paradis». Wivina Demeester, ministre flamande de la Santé, avait annoncé une assurance autonomie nordiste. Forcément hors sécurité sociale, elle serait financée en partie par la Région, en partie par des cotisations personnelles et volontaires, et organisée par les mutuelles, des fonds de pension ou des assurances privées. Elle ne serait donc pas universelle. Mia De Vits, présidente de l'aile flamande de la FGTB, précisait donc que «seuls les riches Flamands iront au paradis ».

Lundi, les pensionnés et les prépensionnés FGTB des trois Régions ont réclamé une assurance autonomie intégrée dans la sécurité sociale, garantissant l'accès aux prestations en fonction des besoins (et non des cotisations versées) et financée par une cotisation prélevée sur l'ensemble des revenus. La proposition Demeester ne répond à aucune de ses conditions, écrivent-ils dans un communiqué. Les pensionnés et prépensionnés de la FGTB condamnent et rejettent cette proposition qui ne concernerait qu'une communauté et privilégierait les revenus les plus élevés. Cela constituerait une double rupture de solidarité.

Cette position diverge de celle exprimée dimanche par Marc Justaert, président des Mutualités chrétiennes. Pour lui, faute d'une assurance fédérale qui garde ses préférences, progresser rien qu'en Flandre serait mieux que rien.

Th. E.