Deux Belges à la Quinzaine cannoise Huit Caméras d'or potentielles

BRADFER,FABIENNE

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Vendredi 30 avril 1999

Deux Belges à la Quinzaine cannoise Huit Caméras d'or potentielles

Les Belges sont décidément très «Cannes», cette année... Non seulement «Rosetta» des frères Dardenne est en compétition pour la Palme d'or, mais «Les convoyeurs attendent», de Benoît Mariage, et «Sud», de Chantal Akerman, comme le fut, il y a deux ans, «Ma vie en rose», d'Alain Berliner, sont au générique de la 31 e Quinzaine des réalisateurs, section parallèle du Festival, créée au lendemain des événements de Mai 68, en contestation à la sélection officielle. Son délégué général depuis sa création, Pierre-Henri Deleau - qui a jeté le gant, l'automne dernier, et est remplacé par Marie-Pierre Macia -, a toujours dit qu'il n'y avait pas de place pour les films lisses, aseptisés, qu'ils soient tendres ou choquants.

Parmi les 23 longs métrages retenus, 20 sont présentés en première mondiale dont ceux des Américains Anjelica Huston («Agnes Browne»), de Spike Lee («Summer of Sam») et de notre compatriote Chantal Akerman («Sud»).

Autre preuve que cette section fait office de révélateur du 7e art de demain: huit films concourent pour le prix de la Caméra d'or, une des plus importantes récompenses de Cannes après la Palme, un prix ouvert à tous les premiers longs métrages, dont «The virgin suicides», de Sofia Coppola, fille de Francis Ford Coppola, et «Les convoyeurs attendent», du Namurois Benoît Mariage.

Du Chili au Bhoutan, de l'Australie à la Belgique, en passant par le Japon, la Lituanie, l'Irlande et le Canada, cette 31e édition, ouvrira avec «A mort, la mort», du Français Romain Goupil, et sera marquée par des séances spéciales: la projection de «The war zone», premier film de l'acteur britannique Tim Roth, ainsi que la présentation de «La petite vendeuse de soleil» et «Le franc», en hommage au cinéaste sénégalais Djibril Diop Mambety, décédé l'année dernière.

Reste à voir les films, pour savoir si la ligne maîtresse est de rester le contre-poids de l'autorité officielle.

FABIENNE BRADFER