Dexia suspendu à l’élection française

THOMAS,PIERRE-HENRI

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Vendredi 20 avril 2012

Banque Il faudra renégocier les garanties temporaires qui arrivent à échéance fin mai, mais avec qui ?

Alors que la crise de la zone euro ne s’arrange pas, le sort de Dexia SA est, on le sait, lié à l’existence de garanties que les trois Etats (Belgique, France, Luxembourg) ont accordé au groupe pour qu’il puisse trouver du financement. En attendant une décision définitive de la Commission européenne sur le plan de sauvetage du groupe, les autorités européennes ont accepté la mise en place d’un système de garanties temporaires portant sur un montant de 45 milliards d’euros.

Un montant nécessaire pour venir compléter les financements des banques centrales, d’autant que la crise de la zone euro se traduit, pour Dexia, par de nouveaux besoins de liquidités : à chaque fois que les investisseurs, apeurés, se réfugient dans les obligations allemandes et font baisser le taux des Bunds, les contreparties de Dexia exigent que l’ancienne maison-mère de Belfius mette davantage d’argent (ou d’actifs très liquides) en gage, afin de contrebalancer la baisse de la valeur certains produits dérivés.

Mais ces garanties temporaires arrivent à échéance fin mai. Et comme il est acquis que la Commission donnera son verdict d’ici là, il faudra les prolonger, ce qui nécessitera de nouvelles discussions entre les trois pays. Or la France ne connaîtra son nouveau président que le 6 mai. On est donc prié d’attendre jusque-là.

Ce jeudi, interpellé à la Chambre par les députés Joseph George (CDH) et Jean-Marie De Decker (LDD), le Premier ministre Elio Di Rupo a par ailleurs démenti les assertions d’un ancien employé néerlandophone de Dexia, Bernhard Ardaen. Ce dernier vient de publier un livre dans lequel il estime que Dexia perd structurellement 3 milliards d’euros par an, ce qui va obliger les Etats à recapitaliser le groupe. « Il ne faut pas croire tout ce qu’on dit sur Dexia », a rétorqué le Premier ministre, qui a aussi démenti une autre affirmation de Bernhard Ardaen, selon laquelle, dans l’accord sur les garanties temporaires, Dexia pourrait rembourser l’Etat en actions. « Cette possibilité n’est pas prévue dans l’accord », a répondu Elio Di Rupo.