Menaces de mort : Elio peut dormir tranquille

METDEPENNINGEN,MARC

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Lundi 9 août 2010

La lettre de pseudo-menace de mort contre Elio Di Rupo reçue vendredi à la rédaction de la chaîne flamande VTM a fait les choux gras de sa rédaction, empressée de filmer la descente des policiers qu’elle avait elle-même mandés, et il s’est trouvé le lendemain des journaux magnifiant le gribouillis désordonné du scripteur (un islamiste désaxé, un gros blagueur qui s’ennuyait, un illuminé aviné ?… c’est au choix). Ce « menaçant », en tout cas, a dû se complaire dans son fauteuil de la notoriété ainsi accordée à son petit torchon, présenté abusivement comme la réalité d’une entrave violente à la mission du préformateur. Le Centre d’analyse de la menace (Ocam), saisi de cette affaire d’Etat (il y en a plusieurs dizaines par an), a eu l’heureuse réplique de faire savoir qu’aucune protection particulière ne serait accordée à M. Di Rupo (qui n’en voulait d’ailleurs pas). Naguère, on avait voulu faire croire sottement qu’un furieux pourrait abattre d’un carreau d’arbalète la reine Fabiola lors du défilé du 21 juillet. Elle avait répondu plaisamment à cette invention en exhibant une pomme lors du défilé de la Fête nationale. Peter De Crem, Emir Kir, Louis Michel et tant d’autres ont été dans le passé l’objet de ces menaces sans réalité.

Sont-elles pour autant à négliger ? Une étude suisse réalisée sur le sujet à Lausanne relève que « les chiens qui aboient ne mordent pas ». Elle souligne que ceux qui profèrent des menaces ne sont pas ceux qui passent à l’acte. Pas plus l’assassin de Kennedy que celui de Sadate n’avaient adressé aux télévisions leur plan d’action. Les « passeurs à l’acte » se retrouvent parmi ceux qui s’adressent directement à leur victime, après avoir connu avec elles un épisode de vie conflictuelle. Ainsi, note l’étude, une catamnèse menée sur 6 ans sur 77 patients « menaceurs » hospitalisés d’office, trois d’entre eux (3,9 %) ont finalement mis leur menace à exécution. Ce qui reste inférieur au risque d’être un jour victime (blessé ou mort) d’un accident de la route qui est estimé à 25 % de la population générale. Bref, Elio Di Rupo peut dormir tranquille et redemander à son chauffeur de rouler hypercool.