Didier Reynders reste président. Et ministre ?
DUBUISSON,MARTINE
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Jeudi 18 juin 2009
Politique Débat MR sans tabou et sans point final
En fait, la réunion de mercredi a commencé… mardi. Selon nos informations, Didier Reynders a bétonné le scénario de la rencontre avec quelques proches, la veille. Mettant au courant certains caciques. Et battant le rappel de quelques bleus (jusqu’à Daniel Ducarme qu’on ne voyait plus guère aux réunions MR…) pour le soutenir. Le plan ? D’entrée de jeu, Reynders dira qu’il veut rester président. Que si la question du cumul avec son mandat de vice-Premier et ministre des Finances est posée, donc si on le force au choix, il gardera la présidence du parti et quittera le gouvernement fédéral.
Mercredi matin, dès que le président de séance lui passe la parole, Didier Reynders l’affirme donc aux siens : il souhaite rester président jusqu’au terme de son mandat de quatre ans (il a été réélu à l’automne 2008). Mais, pour cela, il souhaite la confiance des troupes. Car il ne veut pas se demander à tout moment s’il y a un complot contre lui. Puis il lance le débat (le premier du genre au MR…) : il demande à chacun de s’exprimer « sans aucun tabou », sur « la campagne électorale, les résultats de celle-ci et les négociations en cours ». Pour certains toutefois, le débat est déjà clos. Car « la seule question qui se posait était : allait-il garder la présidence ou pas ? Et il dit : quelles que soient les conclusions, je la garderai. » Débat confisqué…
A aucun moment, donc, les fusils ne sont sortis. Reynders ne répond d’ailleurs pas au fur et à mesure ; il prend des notes.
C’est le tour de « la garde rapprochée » de Reynders. Qui affiche sa confiance au président. Défilent Philippe Monfils, Jean-Luc Crucke, Sabine Laruelle (« sur un ton agressif contre ceux qui ont donné des interviews »), même Alain Destexhe (que l’on a connu bien plus critique). Mais aussi Daniel Ducarme (qui juge que « c’est n’est pas le moment de remettre en cause le leadership de Didier »). Ou Olivier Maingain. Et surtout Armand De Decker (qui « passe la pommade », disent plusieurs bleus). Ceux-là apportent leur « soutien aveugle » à Reynders, résume un député.
Arrive un moment clef : l’ex-président (que d’aucuns voyaient futur président) s’exprime durant une demi-heure. Non, il n’a pas envie de mettre Reynders en difficulté ; non, il n’y a pas de clan Michel qui complote ; oui, il souhaite être davantage associé aux décisions et à la communication du parti ; non, tout n’a pas été bien dans la campagne ; oui, il regrette qu’après s’être posé en ministre-présidentiable wallon, Reynders ait affirmé qu’il y avait plusieurs candidats potentiels ; oui, il faut que plus de concertation ; et oui, il soutient Didier Reynders. Il propose aussi la tenue d’un congrès doctrinal, notamment pour réaffirmer la dimension sociale du libéralisme.
La réunion ne se termine pas par un vote, mais par des applaudissements de confiance. Qui permet au MR de publier un communiqué titré « l’intergroupe parlementaire du MR confirme unanimement son soutien complet au président Reynders » et à la ligne politique du parti. Un titre un peu forcé, puisqu’en guise de soutien, il fut « nuancé » dans le chef de plusieurs. Reynders reste donc aux commandes. Et s’engage à travailler la communication interne et externe du parti et la concertation (il y aura par exemple une réunion pour désigner les chefs de groupe). Et à prendre différents contacts dans ces buts. Car il faut, déjà, se préparer pour les prochains scrutins (fédéral en 2011, communal en 2012). « Il va annoncer un certain nombre de choses à la rentrée », assure le député et porte-parole du parti, Pierre-Yves Jeholet. « Pour certains ce sera suffisant, note Serge Kubla, pour d’autres pas, mais ils s’en contenteront. Car la volonté est de ne pas ébranler la maison à cette heure. »
Si la réunion a évité les déchirures, les débriefings informels entre parlementaires, dans la foulée, ont manifestement été plus durs (« voire assassins », nous dit-on). Plusieurs déplorent l’absence de vote de confiance final ; et l’absence de réponse de Reynders sur la question du cumul.
Charles Michel : « Je suis dans une logique d’unité »
Ce fut une réunion sereine, qui a permis, avec franchise et lucidité, sans tabous, d’échanger des points de vue sur les résultats électoraux et sur notre mise hors jeu des négociations régionales.
L’analyse, c’est que nous n’avons pas atteint l’objectif fixé et que nous pouvons porter notre message de manière plus optimale. Pour cela, il faut tirer les leçons des derniers mois. En ce qui concerne la perception économique et financière, nous n’avons peut-être pas été assez attentifs à mettre en avant les éléments de notre programme qui touchent à la protection des citoyens. Avec la bipolarisation, les derniers jours de campagne ont pu donner le sentiment qu’il y avait plus une lutte pour le pouvoir qu’un plaidoyer pour un projet meilleur, en termes de sécurité sociale.
C’est une analyse largement relayée. L’important, ce sont les conclusions qu’on tire pour l’avenir, plutôt qu’un débat ad hominem.
La volonté était de centrer le débat sur l’essentiel : comment convaincre les électeurs de la pertinence de nos propositions, pas d’avoir un bouc émissaire.
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