DIRECTEUR DE MAISON DE REPOS

DU BRULLE,CHRISTIAN

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Samedi 13 février 1993

PLEINS FEUX SUR UNE PROFESSION

DIRECTEUR DE MAISON DE REPOS

Le secteur des maisons de repos et de soins est aujourd'hui en plein développement. Si actuellement seules 6,8 % des personnes âgées de plus de 65 ans vivent effectivement en maison de repos, on estime que dans un futur proche le nombre de personnes qui feront appel à ce type de service ne cessera de croître... Un secteur en plein développement donc et qui jusqu'il y a peu n'était guère réglementé.

Pour ouvrir une maison de repos, explique Claude Fonteyne, le secrétaire général du Cerinm, il suffisait de disposer de l'agréation de l'Inami et de rencontrer les prescrits légaux en matière de sécurité et d'hygiène. Cette situation a duré jusqu'en 1990. C'est alors qu'est sorti l'arrêté de l'Exécutif de la Communauté française réglementant vraiment la profession de directeur de maison de repos et de soins. Enfin, le métier était reconnu.

Avec cette reconnaissance officielle, c'est tout un programme de formation précis qui est imposé. Celui-ci prend notamment en compte les aspects sociologiques et psychologiques d'une telle activité et laisse une large place à la réflexion quant à l'évolution de la société.

Une formation de base solide est importante, précise M. Fonteyne. Elle doit nourrir la réflexion sur la problématique de l'allongement de la vie et favoriser l'ouverture d'esprit du responsable de maison de repos.

Une vision de la profession qui ne peut qu'être bénéfique tant en matière d'administration qu'en ce qui concerne le confort des pensionnaires.

CHRISTIAN DU BRULLE

LE JOB: Le directeur d'une maison de repos et de soins, quelle que soit la taille de celle-ci et le nombre de pensionnaires qu'elle héberge, est un véritable chef d'entreprise. D'une part, il gère son patrimoine, s'occupe de l'infrastructure et de son amélioration, dirige et dynamise son personnel; qu'il s'agisse du personnel soignant, de celui chargé de l'entretien ou de l'intendance ou encore du personnel administratif. Il est également amené à s'occuper de la comptabilité et de l'administration. Il est aussi bien au courant de la législation qui concerne son secteur d'activités... D'autre part, cette même personne est en contact permanent avec ses pensionnaires et leur famille. Il peut être amené à les conseiller ou les orienter vers un notaire lorsqu'il s'agit de la gestion de leur patrimoine. C'est lui enfin qui gère toutes les relations de la maison avec l'extérieur.

Les qualités à acquérir et à développer pour «mener sa barque» dans des conditions optimales sont multiples. Aux connaissances académiques viennent se greffer celles spécifiques à son secteur: soins de santé, sociologie, gérontologie, psychologie, déontologie en sont quelques exemples.

LES CHIFFRES: Il existe en Belgique francophone et à Bruxelles plus d'un millier de maisons de repos et de soins. En ce qui concerne la Wallonie, 61 % des maisons de repos recensées relèvent d'un statut commercial et 15 % disposent d'un statut d'association sans but lucratif. Le reliquat étant constitué par des institutions de nature publique.

FORMATION: Depuis le 1er janvier 1991, l'accès à la fonction de directeur de maison de repos et de soins est réglementé par l'Arrêté de l'Exécutif de la Communauté française du 20 décembre 1990. Cet arrêté indique que tout directeur d'une maison de repos pour personnes âgées doit être titulaire du certificat d'enseignement secondaire supérieur ainsi que d'une attestation de connaissance spécifique relative à la gestion de maison de repos. Ce directeur est tenu en outre de participer à une formation continuée de deux jours par an. Et l'arrêté de préciser que le minimum de connaissances utiles est considéré comme acquis lorsque le candidat directeur a suivi un cycle de formation de cinq cents heures de cours ou pour les titulaires d'un diplôme de l'enseignement supérieur, de 250 heures de cours. Ces formations spécifiques doivent être reconnues et la réussite du candidat sanctionnée par une attestation.

ADRESSES: CERINM, (Centre d'étude et de recherche sur les institutions à vocation non marchande), 13-15 rue Vondel, 1030 Bruxelles. Téléphone: 02-245.42.48.

- Cunic, (Mme Paquet), 1 B avenue Général Michel, 6.000 Charleroi.