Distribution L'entreprise gestionnaire du réseau Bancontact conteste l'astreinte en cas de défaillance Banksys réclame le droit à la panne

DEMONTY,BERNARD

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Vendredi 15 février 2002

Distribution L'entreprise gestionnaire du réseau Bancontact conteste l'astreinte en cas de défaillance Banksys réclame le droit à la panne

La société détenue par les banques se pourvoit en cassation contre l'arrêt obtenu par les classes moyennes flamandes. De leur côté, les commerçants se plaignent des tarifs «trop élevés» et de l'«abus de position dominante» de Banksys.

BERNARD DEMONTY

Banksys, la société qui gère le réseau Mister Cash, Bancontact et Proton vit désormais avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Depuis l'arrêt rendu mardi par la cour d'appel de Bruxelles (nos éditions de mercredi), sur requête de l'Unizo («Union des classes moyennes» flamande) la moindre panne du réseau imputable à Banksys coûtera 200.000 euros à la société détenue par le secteur bancaire belge.

Après un mutisme de 24 heures, le temps pour les avocats d'éplucher l'arrêt, la porte-parole de Banksys a réagi. Nous allons nous pourvoir en cassation , annonce-t-elle. Le jugement estime que Banksys est en situation de monopole. Cet attendu est étrange , parce que le marché est ouvert. Des concurrents peuvent s'installer, tant sur le marché des terminaux que sur celui de la gestion du réseau. Je reconnais toutefois qu'il n'est pas facile de nous concurrencer puisque nous développons nos activités depuis 20 ans.

Le jugement indique aussi que vu sa situation, jugée monopolistique, Banksys ne risque pas de voir les commerçants s'adresser à un autre opérateur en cas de pannes répétées. A cela, le chef d'orchestre des cartes de paiement répond que les pannes sont rares, comparées à celles survenues en France. Nous sommes parvenus à doubler la capacité de notre réseau et à nous adapter à l'euro sans panne, poursuit la porte-parole de Banksys.

Le secteur de la distribution considère néanmoins de manière unanime que les pannes de 2001 ont occasionné des pertes importantes aux commerçants. Dans certains supermarchés, le taux de paiement par carte atteint 50 %, calcule Paul Vanholsbeeck, président de la fédération belge des entreprises de distribution (Fedis). En cas de panne, des chariots entiers sont abandonnés et la clientèle tient le magasin pour responsable.

De son côté, l'Union des classes moyennes se plaint des tarifs pratiqués par Banksys, jugés trop élevés. Le nombre de transactions augmente de manière exponentielle, indique Roger Mené, le président. Je m'étonne que les prix imposés aux commerçants pour l'usage de ce service ne diminuent pas. Sur chaque transaction avec la carte Proton, le commerçant paye O,7 % du montant de l'achat. Pour la carte Mister Cash, le montant à payer dépend de la formule tarifaire choisie par le commerçant.

«Nous sommes parvenus à nous adapter à l'euro sans la moindre panne»

Vu ces tarifs, jugés excessifs, les fédérations de commerçants approuvent le jugement, qui devrait les mettre à l'abri des défaillances. Mais cela ne résoudra pas le problème des tarifs , indique Luc Ardies, responsable des magasins à l'Unizo. C'est pour cette raison que nous avons introduit, avec la Fedis et l'UCM un recours devant le Conseil de la concurrence pour abus de position dominante. Nous attendons la décision depuis un an. Banksys, de son côté, dément tout abus et plaide que les concurrents peuvent s'installer sur le marché quand ils le veulent.