DOSSIER Les métiers d'avenir se nichent dans tous les secteurs Recrutement - Nouvelles technologies et environnement n'ont pas le monopole des métiers du futur. Les bons vieux métiers sont encore ceux qui offrent les perspectives les plus larges Les nouveaux métiers manquent de lisibilité DOSSIER Les métiers verts rares mais durables
BECHET,GILLES
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Samedi 4 septembre 2004
DOSSIERDOSSIER
Les métiers d'avenir se nichent dans tous les secteurs
Recrutement - Nouvelles technologies et environnement n'ont pas le monopole des métiers du futur. Les bons vieux métiers sont encore ceux qui offrent les perspectives les plus larges. Gilles Bechet #32;Quels seront les métiers d'avenir ? A défaut de boule de cristal, on peut commencer par les pénuries d'aujourd'hui et ce qu'on appelle les fonctions critiques. Ces fonctions sont nombreuses et elles existent dans tous les secteurs et à tous les niveaux de qualification. Pour beaucoup de ces métiers, ingénieur, soudeur, électromécanicien, infirmière ou enseignant, les pénuries persistent depuis plusieurs années. Les raisons sont multiples et varient en fonction du contexte régional.
De l'ingénieur à l'infirmière, la pratique quotidienne de la plupart des métiers a évolué, mais cette évolution n'est pas nécessairement perceptible. Beaucoup de gens, relève Dominique Michel, secrétaire général d'Agoria, la fédération des employeurs du secteur technologique, ne réalisent pas que de nombreux métiers aux noms fort techniques offrent une palette de compétences de moins en moins techniques et de plus en plus diversifiées. Certains métiers, comme ceux du secteur biomédical, ne se définissent pas aisément car ils font appel à des compétences à la croisée de différentes disciplines scientifiques. Par ailleurs, on voit aussi s'ouvrir l'éventail de débouchés qu'offrent certaines qualifications scientifiques, comme la géographie.
Quant au potentiel des métiers complètement nouveaux, qui occupent pour le moment des niches très spécifiques, il repose sur un pari. Noël Scherer, directeur technique de Forem Formation, place beaucoup d'espoirs dans les pôles de développement spécifiques comme Bierset pour la logistique ou Gosselies pour les biotechnologies. A terme, l'industrie retiendra de plus en plus difficilement chez nous des métiers qui ne demandent pas de compétences particulières. L'avenir repose aussi sur des secteurs de pointe comme le spatial où cependant les emplois ne se compteront jamais que par dizaines.
Les services de proximité et d'aide aux personnes répondront à des besoins croissants de la société. Pour toutes ces fonctions, la demande ne peut que suivre. Secteur d'avenir, l'économie sociale couvre des activités très larges qui dépassent le non-marchand et la réinsertion. Pour maintenir son potentiel de développement, pointe Jacques Defourny, coordinateur du centre d'économie sociale de l'ULg, l'économie sociale doit cependant attirer d'avantage d'entrepreneurs pour sa sphère marchande.
Les critères de choix d'une carrière peuvent répondre à une volonté de développement personnel, de sécurité d'emploi, de meilleure rémunération, de passion personnelle, ou parfois même du hasard. La diversité des métiers montre en tout cas, qu'il y a toujours plus d'un avenir possible.
Les nouveaux métiers manquent de lisibilité
Patricia Vendramin est directrice de recherche à la Fondation travail - université. Elle y a mené différents travaux sur les transformations dans l'organisation du travail et des métiers, et sur les aspects sociaux des changements technologiques.
Références - Qu'est ce qui caractérise les nouveaux métiers qui apparaissent aujourd'hui ?
Patricia Vandramin - Il y a bien sûr les nouveaux métiers de l'internet et du multimédia auxquels on peut rattacher l'assistance téléphonique ou l'assistance en ligne. Le secteur des services a aussi vu le développement de nombreuses nouvelles activités liées à la gestion de la vie quotidienne, au bien-être des personnes et aux loisirs. Toute une série de métiers ont été fortement transformés par l'usage des outils technologiques alors que, dans le fond, ils sont restés les mêmes. Je pense, par exemple, à la biotechnologie ou à la comptabilité. Dans un métier comme le secrétariat, le développement des outils informatiques va de pair avec une évolution des tâches d'avantage tournées vers le service.
Dans d'autres métiers, enfin, ces outils informatiques ont modifié la gestion du travail. Ainsi chez les graphistes, on est passé d'une culture professionnelle proche de l'imprimerie et de l'artisanat à une nouvelle culture de travail proche des métiers de l'informatique.
- Ces nouveaux métiers posent-ils des problèmes d'accès particuliers ?
- Ce qui est important et pose problème, c'est la lisibilité des métiers. Il y a un écart entre ce qu'est concrètement un métier et l'image que l'on peut en avoir, en particulier pour les jeunes. Dans le passé, on a eu des périodes de stabilité plus longues avec des images qui étaient justes par rapport à ce qui se pratiquait. Aujourd'hui, la redistribution des cartes est beaucoup plus rapide et elle concerne autant l'organisation des métiers que le contenu des activités. Cela explique, en partie, le manque d'attrait des métiers de l'informatique, notamment, pour les filles. Par rapport à un métier comme celui-là, l'image est très imprécise. Les jeunes n'ont pas d'idées claires au départ par rapport aux tâches qui pourraient leur être confiées ni au parcours professionnel qu'ils peuvent attendre.
Ce manque de lisibilité ne se limite pas aux métiers technologiques. Les infirmières à domicile, par exemple, accomplissent de plus en plus d'actes techniques, alors que, pour beaucoup, l'image de leur métier se limite à sortir les gens du lit et à les y remettre le soir.
- Alors que l'évolution des métiers va vers une plus grande transversalité des compétences, beaucoup de formations privilégient toujours la spécialisation.
- Les entreprises demandent des personnes directement opérationnelles. La meilleure manière de rendre un jeune directement opérationnel, c'est de lui donner une formation pointue. Les entreprises, qui, avant, prenaient le temps de compléter la formation des jeunes, ont aujourd'hui tendance à privilégier le recrutement de personnel productif à court terme. Le paradoxe, c'est que la définition d'un poste de travail évolue de plus en plus vite et qu'on a besoin de personnes capables de suivre cette évolution. Il y a cette idée que, pour avoir une sécurité d'emploi, il faut pouvoir continuer à développer ses compétences, mais aussi avoir les moyens de le faire. Il y a dans tous les secteurs des boulots culs-de-sac où l'on n'apprend rien, où les années passent et où l'on perd des opportunités de rebondir. C'est aussi de la responsabilité des entreprises de donner à leur personnel la capacité de se former, mais on sait qu'en période d'incertitudes les budgets formation sont les premiers rabotés.
G.Bt#32;
DOSSIER
Les métiers verts rares mais durables
La filière verte serait-elle une voie en or pour la création de nouveaux emplois ? Plus personne aujourd'hui ne met en doute l'importance des questions environnementales. L'environnement est par essence une discipline transversale qui concerne de nombreux métiers, du gardien de parc au juriste.
Différentes études européennes s'accordent pour prévoir une création faible, mais constante, de nouveaux emplois verts dans les prochaines années. Sauf, sans doute, le domaine des déchets qui présente le potentiel le plus important. De nombreux métiers ont ajouté des compétences vertes à leurs tâches. Dans l'industrie, par exemple, les responsables sécurité et hygiène sont généralement chargés de la gestion de l'environnement interne et externe du site.
Quand la tâche est importante, comme l'est la gestion des déchets dans les grandes administrations, il arrive qu'un poste nouveau soit créé.
Depuis 1989, l'Institut éco-conseil, à Namur, forme des éco-conseillers. L'approche se veut généraliste et multidisciplinaire avec un accent particulier sur la prévention et la communication.
Employeurset administrationsréticents au début
Si les premières sessions ont accueilli des convaincus qui devaient faire face à des employeurs ou à des administrations parfois réticents, la formation s'est peu à peu normalisée. Aujourd'hui, on fait l'environnement comme on fait la médecine ou le droit, confirme Camille Dermonne, formateur et chargé de projet. Pour la quinzième session qui débutera en octobre, l'institut n'accueillera pas plus d'une trentaine de candidats, chiffre inchangé par rapport à la première session. Nous avons depuis le début gardé un taux de placement de 90 %. En acceptant 60 - 70 élèves, notre taux de placement diminuerait très fort. On peut constater qu'en une dizaine d'années la palette des formations « vertes » s'est diversifiée. Poussées par les normes internationales du type ISO 14001 ou par les légalisations européennes, les entreprises et organisations sont contraintes de prendre la dimension environnementale en compte. Les universités et les instituts supérieurs se consacrent aux profils scientifiques ou techniques les plus pointus, alors que d'autres filières ajoutent de nouvelles compétences à leurs formations. A Mons, le Forem prévoit, pour le début de 2005, l'ouverture d'un centre de compétence consacré aux métiers de
l'environnement et orienté vers la gestion des déchets, l'utilisation rationnelle de l'énergie et les énergies renouvelables.
Guibert Debroux, responsable du centre qui a déjà entamé certaines formations, se veut prudent sur le potentiel de la filière. On se situe dans un domaine où les demandes ne sont pas encore clairement identifiées.
La Belgique à la traîne
En matière d'énergies renouvelables, la Belgique se situe sensiblement à la traîne en comparaison avec l'Allemagne ou avec les pays scandinaves ; les défis énergétiques sont énormes, mais tout est encore à construire. Dans l'état actuel de développement du centre, nous visons principalement à permettre à nos stagiaires d'ajouter de nouvelles cordes à leur arc, plutôt qu'à les mener vers un métier qui n'existe pas encore.
G.Bt
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