Dour - Le parc éolien en zone « vierge » de toute contrainte paysagère Vent favorable pour Dour-Quiévrain

SAINTGHISLAIN,VALERY

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Mardi 15 mars 2005

Dour - Le parc éolien en zone « vierge » de toute contrainte paysagère

Vent favorable pour Dour-Quiévrain

VALÉRY SAINTGHISLAIN

Où les éoliennes du promoteur Ventis seraient-elles admises ? Sur le site du Champ du Haut de la Lense, entre Audregnies (Quiévrain) et Elouges (Dour) ? Ou à l'ouest d'Angre et Angreau (Honnelles) ? D'un point de vue strictement paysager, la directrice générale de l'aménagement du territoire - nº2 dans la hiérarchie, derrière le ministre Antoine - ne fait pas mystère de ses préférences.

Dans un courrier adressé récemment au Comité de défense de l'environnement de Quiévrain (CDEQ), Danièle Sarlet opte sans l'ombre d'un doute pour l'option « douro-quiévrainoise ».

S'appuyant sur l'étude du professeur Feltz (qui a cartographié les zones d'exclusion), la directrice générale déduit que, des trois projets proposés dans la région pour un total de 21 éoliennes, seul le projet sis à l'est de Quiévrain s'implante dans une zone vierge de contraintes. Avec dix éoliennes regroupées, il correspond de manière plus évidente au cadre de référence pour l'implantation d'éoliennes en Région wallonne, qui préconise le rassemblement afin d'éviter le mitage de nos paysages. Mme Sarlet va plus loin, estimant même que le site du champ du Haut de la Lense pourrait encore accueillir d'autres éoliennes, (...) avec un entredistance minimal autorisé qui permettrait une optimalisation du potentiel éolien dudit site.

La directrice générale de l'aménagement du territoire est catégorique avec les deux projets honnellois (six éoliennes de 2 mégawatts chacune). Des implantations qui doivent être abandonnées, parce qu'elles s'implantent en zone de paysage sensible. Or, pour Mme Sarlet, il est primordial de préserver ces grandes unités territoriales paysagères wallonnes de telles implantations.

Catherine Quitet, porte-parole du Comité de défense de l'environnement de Quiévrain, prend acte de cet avis qui vient contredire celui émis par le fonctionnaire délégué de la Région. Courant février, le subordonné de Mme Sarlet avait en effet refusé le permis sollicité par Ventis pour ces dix éoliennes entre Audregnies et Élouges. Mais le CDEQ n'accorde pas d'importance exagérée à cette nouvelle. La position de Mme Sarlet ne tient compte que du seul impact paysager. Mais il y a d'autres éléments qui entrent en considération. Le comité songe aux contraintes du sous-sol, à la présence de puits miniers, de points de captage et d'une conduite d'Air Liquide. Et ces éléments, relatifs à la sécurité, pourraient entraîner une modification de l'implantation envisagée des éoliennes. Et par là, une nouvelle étude d'incidences.

Le promoteur Ventis, lui, vient de voir un autre obstacle tomber : il a reçu l'avis du MET sur le recul minimal à observer entre une éolienne et le réseau Ravel. Celui-ci doit être égal à la dimension d'une pale. Ce qui, dans le cas d'espèce, ne le contraint pas à modifier... ses batteries.·