Réorganisation judiciaire aux Jours heureux

MARECHAL,GISELE

Page 24

Vendredi 2 décembre 2011

Dour Les syndicats lancent une nouvelle alarme

Que se passe-t-il à nouveau dans l’entreprise Les Jours heureux, rue Ropaix à Petit-Dour ? Le syndicat CNE tire la sonnette d’alarme dans un communiqué titré « Résidence service Les Jardins de jouvence : la fin annoncée ? » Ceci, neuf mois après la fermeture de la maison de repos : à la mi-mars, les 16 derniers résidents avaient été délocalisés d’urgence auprès de maisons de repos de Dour et Boussu. Les membres de personnel avaient suivi.

Depuis lors, le site de la rue Ropaix, à Petit-Dour, héberge une résidence service, Les Jardins de jouvence abritant une trentaine d’aînés valides ; et depuis août, un pavillon d’accueil où vivent 6 handicapés, Les Jardins des anges, agréés par l’Awiph mais non subventionné par elle.

À entendre la CNE, « rien ne va de nouveau plus. » Fulvia Latragna, patronne, et son mari Jean Boterdael, employé, confirment que l’entreprise est en procédure de réorganisation judiciaire. Le dossier est en sursis devant le tribunal du commerce de Mons, et les intervenants y ont rendez-vous en février 2012. « De deux choses l’une, confie Eric Caudron, secrétaire permanent CNE Hainaut. Soit un plan d’apurement des dettes sera organisé, en accord avec le personnel et les fournisseurs, soit la faillite sera prononcée. Ce qui signifierait la cessation de paiement. Et le pire aussi, pour les résidents. »

À entendre Eric Caudron, « comme en mars, le flou est de rigueur dans la gestion du personnel. Certains ne sont plus payés depuis octobre, voire juillet. Le fait que la maison d’accueil et la résidence service soient séparées par un simple couloir induit que des employées, nettoyeuses par exemple, sont priées de prodiguer des soins dans le service d’à côté, ce qui est interdit. Je viens de rencontrer 6 des 10 employés qui me font part de leurs problèmes. Les 4 autres ont peur de réagir. Tandis que des employés mis dehors, apparemment sans préavis, sont remplacés. On réengage ! »

« Rien n’est sain dans cette maison », confirme Patrick Salvi, secrétaire régional Setca, qui a repris les homes.

Eric Caudron réclame, comme en mars, « une mise sous tutelle par un administrateur, à la commune ou à la Région wallonne. » Remis au parfum par les syndicats, Carlo Di Antonio, le bourgmestre CDH de Dour, explique : « Une inspection de la Région wallonne a été effectuée ce début de semaine. J’attends le rapport pour prendre attitude. »

À l’entreprise, la directrice s’inscrit en faux : « Les salaires sont évidemment payés. Du reste, nous avons introduit une action judiciaire contre ce syndicat : nous subissons une mauvaise réputation, des suites de ses actions de mars. »

La CNE conclut : « Le manque de place pour nos seniors et pour les personnes handicapées ne peut aboutir au maintien d’abus de ce type. »