« A notre départ, le terrain sera impeccable »

MARECHAL,GISELE

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Samedi 31 juillet 2010

Dour Les Tziganes de Vie et Lumière pensent à l’année prochaine

Tiens, une gadji ! (une non-Tzigane) » L’accueil est cordial dans les caravanes (250 au total) de Vie et Lumière installées sur le terrain de la Machine à Feu, à Dour. Isaïe, 12 ans et demi, et son jeune frère Abel, 10 ans et demi, sont de la région de Huy. « De septembre à juin, nous habitons à Huy, nous y sommes élèves réguliers. Nous voyageons surtout l’été. Ici à Dour, c’est un lieu de vacances pour nous ! », disent-ils. Abel est heureux : « J’ai reçu ce vélo au parc à conteneurs d’à côté ! » Mais James, qui aura bientôt 13 ans, ajoute : « A l’école, certains profs nous disent ouvertement qu’ils n’aiment pas les gitans. Nous sommes victimes de racisme. »

Les tuyaux d’eau potable serpentent entre les caravanes. Des sacs-poubelle officiels de la ville de Dour ont été distribués jeudi. L’eau, les sacs, les emplacements, sont payés. Carlo Di Antonio, le bourgmestre, visite les lieux chaque jour. Aux abords des tentes, les barbecues fument à l’heure du dîner. « Nous ne pouvons pas rater la réunion du soir, sous le chapiteau », dit Jeanne. Citoyenne de Baudour, elle accompagne la communauté durant l’été, avec son mari Bébert. « Nous attendons l’arrivée de Jean-Marie, notre fils pasteur qui donne des cultes à Quaregnon, mais qui est en déplacement ».

Dieu omniprésent

Le quotidien ici, se vit avec Dieu. Un pasteur parisien, qui a prêché à la réunion de mercredi soir, précise : « Nous vivons la parole de Dieu. Nous sommes rattachés à la fédération protestante. Nous, pasteurs évangéliques, prions pour la guérison d’enfants. Mercredi soir, j’ai demandé que la communauté prie pour le succès de l’opération délicate d’une fille de la communauté. » D’aucuns disent avoir guéri de maladies graves, suite à l’imposition de mains ou les prières. « Avant de connaître Jésus, je buvais, je me droguais. C’est désormais fini », dit un jeune homme sous le chapiteau. « Et moi, je frappais ma femme ! Le Seigneur m’a permis d’ouvrir les yeux sur mes torts et de la récupérer », ajoute un autre devant l’assemblée attentive.

Sérénité d’une belle après-midi d’été… Mais quid de l’an prochain ? Des hommes confient : « Nous laisserons la prairie propre à notre départ, le 8 août au plus tard. Mais que ferons-nous l’an prochain, à l’heure de rallier notre convention annuelle de la fin août ? Serons-nous obligés comme cette année, de nous imposer à plusieurs centaines de caravanes, comme ce mardi après avoir été exclus de Wingene ? Notre mésaventure de cette semaine devrait enjoindre au politique de légiférer afin que nous puissions bénéficier de terrains suffisamment grands, répartis en Wallonie. Les membres de Vie et Lumière veilleront à gérer leurs emplacements en bons pères de famille. Dimanche prochain à notre départ, la parcelle de Dour sera impeccable. »