DROGUE ET MATERNITE

VANKEERBERGHEN,JEAN-PAUL

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Samedi 18 janvier 1992

ASSOCIATIONS

DROGUE ET MATERNITÉ

«Midrash» aide les mères toxico à accueillir leur enfant

La drogue et la maternité ne font pas bon ménage. Aussi bien pendant la grossesse qu'après la naissance. Il n'est cependant pas rare qu'une femme toxicomane qui attend un enfant souhaite le garder et l'élever. Comment faire dans la situation de marginalité où la place sa dépendance au produit?

C'est pour l'aider que s'est créée il y a un an l'association Midrash, conçue par un pédopsychiatre, Eric Picard, qui avait été confronté à plusieurs reprises à ce problème à «SOS Enfants», un organisme de prévention des mauvais traitements aux enfant.

L'équipe de Midrash comporte aussi un neuropsychiatre, une infirmière psychiatrique, un psychologue, un avocat et un travailleur social. Elle intervient à plusieurs moments. Pendant la grossesse d'abord. La future mère toxicomane craint d'engendrer un enfant handicapé et souhaite alors abandonner la drogue. Mais un sevrage brutal peut, lui aussi, être néfaste au foetus. L'équipe de Midrash accompagne donc la future mère, notamment à l'aide de produits de substitution, pour la détacher progressivement des opiacés. On peut ainsi arriver à ce que l'enfant qui naît ne soit pas dépendant. Parallèlement, un travail psychologique peut aider la mère à se forger une nouvelle identité.

L'aide après la naissance est tout aussi importante. Souvent, la mère s'imagine que l'enfant va changer sa vie. Mais une fois l'état de grâce de la naissance dépassé, des difficultés imprévues s'accumulent. Le risque est grand, alors, de retomber dans la drogue ou de maltraiter son enfant.

Au cours de sa première année de fonctionnement, Midrash a accompagné une trentaine de femmes. Toutes, au moment de l'accouchement, avaient réduit ou arrêté leur consommation de méthadone et aucun enfant n'a dû être placé après la naissance. Encourageant.

J.-P. VANKEERBERGHEN

Midrash: 54 place Louis Morichar, 1060 Bruxelles. Tél. 02-538.76.69.