Ecole - L'association étudiante n'a pas rentré les papiers à temps L'Unecof est hors jeu pour trois ans !

BOUILLON,PIERRE

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Lundi 7 mars 2005

Ecole - L'association étudiante n'a pas rentré les papiers à temps

L'Unecof est hors jeu pour trois ans !

PIERRE BOUILLON

Gros émoi dans le milieu étudiant. L'Union des étudiants de la Communauté française (Unecof) n'est plus considérée comme une « organisation représentative ».

La Fédération des étudiants francophones (FEF), sa concurrence (pour ne pas dire sa rivale), est désormais la seule à pouvoir officiellement relayer la parole étudiante.

Le couperet est tombé le 21 décembre, par décision de l'exécutif de la Communauté française.

Le fait est que, tous les trois ans, les associations doivent fournir les preuves de leur représentativité. Que les documents devaient être rentrés à la mi-juillet. Que l'Unecof a rentré ses papiers avec 10 jours de retard et sous une forme que l'administration a jugée inadéquate.

Total : l'Unecof est désormais hors course, et pour 3 ans - de septembre 2004 à 2007.

Pour être réputées « représentatives », les fédérations doivent établir qu'elles affilient des hautes écoles ou universités dans au moins trois des cinq zones d'enseignement et que ces affiliations couvrent au moins 20 % du nombre total d'étudiants.

L'Unecof affilie trois universités (les trois facs de Mons) et une dizaine de hautes écoles. Selon Benoît Du Champs, secrétaire général de l'union, celle-ci couvre donc 35.000 étudiants (pour la comparaison, la FEF affilie 5 universités, 18 hautes écoles et dit ainsi représenter 80.000 étudiants). Mais la représentativité de l'Unecof est indiscutable.

Outre le retard dans la production des documents requis, l'Unecof n'a pas respecté les formes, donc. Il est demandé une fiche pour chaque établissement affilié. Or, l'Unecof a produit une liste des écoles affiliées - un seul document, donc. Ce que l'administration a jugé irrecevable.

Les conséquences ? Pendant 3 ans, l'Unecof sera privée des subsides qu'elle recevait au titre d'organisation représentative des étudiants (+/- 20.000 euros par an). Elle ne siégera plus dans les organes où les fédérations sont impliquées (Conseil général des hautes écoles, Conseil interuniversitaire francophone, Conseil supérieur des allocations d'études...). L'Unecof, qui est aussi reconnue comme « organisation de jeunesse » continuera à profiter de ce statut (qui lui fait bénéficier de deux détachés pédagogiques et d'un subside permettant de financer un permanent). Mais les 20.000 euros sont indispensables, dit Benoît Du Champs. Nous en avons besoin pour faire tourner la machine, payer le loyer, organiser les formations, etc. Sans ce subside, l'Unecof disparaît à terme. C'est aussi simple que ça. Tout ça pour une question de papelards et de cachet de la poste ! C'est du pinaillage ! Le fait est là : nous sommes représentatifs et nous l'avons prouvé.

Au cabinet de Marie-Dominique Simonet (CDH), la ministre de l'Enseignement supérieur, on confirme : la représentativité de l'Unecof a été établie à la mi-octobre, et dans les formes. Mais hors délais. Le cabinet avoue son malaise : L'exécutif est là pour faire appliquer les règles. En même temps, on admet que l'Unecof paie très cher son étourderie.

Que faire ? Pour l'heure, on se parle beaucoup entre l'Unecof et le cabinet. Où l'on dit éventuellement songer à adapter les décrets de façon à récupérer l'Unecof.

Mais la FEF veille au grain : L'exécutif a pris une décision, formelle, en décembre, y dit-on. Il n'y a plus qu'une seule organisation représentative : nous. Si l'exécutif revenait sur sa décision, nous pourrions estimer qu'il y a préjudice et déposer un recours.

Quel préjudice ? Etant désormais la seule organisation représentative, la FEF bénéficie désormais de l'ensemble de la subvention dédiée aux représentants étudiants - on ne doit plus la partager avec l'Unecof. Si celle-ci réapparaît, nous subirions un préjudice financier.

A l'Unecof, si les responsables pestent sur les « pinaillages » de l'administration et le « formalisme » de l'exécutif, certains glissent en douce que les deux cabinets qui tiennent en mains le sort de l'organisation étudiante (les ministres Marie Arena et Marie-Dominique Simonet) ont pour conseillers en matière d'enseignement d'anciens responsables de la FEF - Pierre Verbeeren et Fabrizio Bucella chez la ministre de l'Education, Thierry Zeller et Nicolas Hourt chez la ministre de l'Enseignement supérieur.·