Ecolo : dix priorités pour le treize
BOUILLON,PIERRE
Samedi 15 mai 2010
Ecolo : dix priorités pour le treize
Les écologistes ont arrêté leurs priorités de campagne. Nous avons pu les lire. Elles ont été avalisées le 7 mai par le Conseil de fédération (le « parlement » du parti). Mercredi, celui-ci mettra de la chair autour de ces dix priorités en arrêtant son programme.
Vu les événements, l’institutionnel s’offre une place inhabituelle dans la littérature écologiste. « Nous ne ferons pourtant pas campagne sur ce thème-là, annonce Sarah Turine, coprésidente d’Ecolo. Nos préoccupations majeures, prioritaires, c’est : emploi, solidarité, bonne gouvernance. »
La querelle communautaire s’offre quand même le préambule. « L’ouverture et le dialogue sont plus que jamais nécessaires à la société belge, y lit-on. Ils constituent les conditions de l’apaisement (…). Car la force, aujourd’hui, ce n’est plus le repli et l’intransigeance. C’est la capacité à éviter l’affrontement et à promouvoir la recherche de solutions, au-delà des clivages éculés. »
1Institutionnel. Pour Ecolo, la « législature passée a mis en relief l’échec des partisans de la confrontation ». Il se dit prêt à négocier un « nouvel équilibre institutionnel ». A la condition, singulièrement, que cela se fasse dans le « respect du droit des personnes tenant compte du droit international » (Convention-cadre pour les minorités, par exemple) et que l’on préserve les « principes intangibles de la solidarité interrégionale et interpersonnelle ». Ecolo émet des propositions qu’il juge « novatrices » comme une circonscription fédérale, la transformation du Sénat en lieu de rencontre des entités fédérées ou la simultanéité des élections fédérales et régionales.
2Bonne gouvernance. Ecolo veut transposer au fédéral ce qu’il a réclamé (… et/ou obtenu) au niveau régional. « Il faut sortir des pratiques de clientélisme en mettant fin à la politique des pistons et en objectivant toutes les décisions publiques (recrutements et promotions, subsides, marchés publics…). Il convient également de lutter contre les conflits d’intérêt et les concentrations de pouvoir en limitant plus et mieux les cumuls (…). »
3Emploi/Solidarité. Face aux crises multiples, on ne peut plus se borner à « relancer la machine », dit Ecolo. Il faut « réorienter les politiques pour aider les entreprises à améliorer leur efficacité énergétique, à réduire leur empreinte écologique et à créer des milliers d’emplois durables et peu délocalisables. » Les verts veulent que le fédéral appuie les actions régionales visant à développer les filières vertes et à mobiliser les secteurs à s’engager dans la transition écologique.
Rayon emploi : il faut « répondre à la précarisation du monde du travail » ; il s’agit, avec les partenaires sociaux, de relever le salaire minimum, de lutter contre les contrats précaires et développer la qualité de vie au travail.
4Sécurité sociale. Ecolo refuse qu’elle se réduise à un « filet de protection minimal aux mailles de plus en plus larges. » Il veut qu’elle « reste et soit davantage un réel tremplin qui permette à chacun de s’émanciper et de faire face aux accidents de parcours. » Ecolo veut instaurer une assurance autonomie, relever les minima sociaux au seuil de pauvreté, augmenter les pensions les plus basses, individualiser les droits sociaux, lier intégralement les allocations sociales au bien-être, élargir la protection des indépendants. Et comment on paie tout ça ? En élargissant la base de financement de la Sécu en y faisant contribuer d’autres revenus, comme ceux des capitaux.
5Régulation. Ecolo entend encadrer le marché. Il s’agirait de réinstaurer la banque d’épargne, mieux protéger l’épargnant, taxer les opérations spéculatives et orienter les fonds de pension vers des investissements durables. Cette « impérieuse régulation viserait aussi d’autres secteurs où le marché a trop de place, comme l’agriculture, l’eau ou l’énergie. » En parallèle, Ecolo veut lutter plus efficacement contre la fraude fiscale. Il prône une réforme fiscale visant à rééquilibrer la fiscalité en faveur des revenus du travail, à mettre à contribution de façon plus équitable d’autres revenus (plus-values, spéculation…) et à toucher les « comportements polluants. »
6Environnement. L’heure est à la « révolution énergétique », est-il dit. Il faut que le fédéral soutienne les Régions et investisse de façon plus nette dans les économies d’énergie (isolation des logements, en aidant en priorité les revenus les plus modestes…), dans l’efficacité énergétique (normes plus exigeantes, stimulation de la recherche…) et dans le développement « massif » des énergies renouvelables (éoliennes en Mer du Nord, le solaire…).
7Dévelopement durable. Ecolo propose que le « gouvernement examine, préalablement à chaque décision, à travers une inspection du développement durable, son impact par rapport à l’environnement, à l’instar de l’examen déjà réalisé en matière d’impact budgétaire. »
8SNCB. Ecolo entend que la priorité absolue soit donnée à la sécurité des voyageurs et des cheminots. Il souhaite un service plus étendu, à de meilleures fréquences, plus rapide, plus ponctuel. Ecolo « veut aussi faciliter la marche et l’usage du vélo en renforçant la sécurité routière et la protection des usagers faibles de la route ».
9Sécurité. Les politiques sociales (emploi, droit au logement…) constituent pour Ecolo l’« axe essentiel » de la cohésion sociale. Côté répression, l’autorité doit apporter une réponse « rapide, juste et proportionnée » aux actes d’agression (amende, médiation, travaux d’intérêt général…) et donner la priorité à la lutte contre la criminalité organisée, le trafic d’armes et les « violences faites aux personnes, notamment aux femmes. » Ecolo souhaite l’établissement d’une « vraie police de quartier. »
10Monde. A retenir : l’annulation des dettes des pays les plus pauvres. Et, en matière d’asile, la fixation de critères « clairs et objectifs, connus de tous. »