EMI et Warner renoncent à fusionner

AFP

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Vendredi 28 juillet 2006

Musique

La maison britannique EMI, numéro trois mondial du disque, et le numéro quatre Warner Music ont abandonné jeudi leurs projets de rapprochement, échaudés par la remise en cause de la fusion Sony-BMG par la justice européenne, qui menace toute nouvelle consolidation du secteur.

Le groupe britannique EMI « a décidé de ne plus rechercher une fusion avec Warner Music pour le moment », a-t-il annoncé, en précisant qu'il « étudierait de nouveau sa position à la lumière des futurs développements ». Le groupe américain Warner a indiqué pour sa part qu'il n'avait pas l'intention de faire une offre à EMI « en ce moment ».

Les deux groupes, qui tentaient de se racheter mutuellement depuis trois mois, n'ont pas fermé la porte à une reprise des négociations à l'avenir, mais ont clairement choisi la prudence deux semaines après la décision de la Cour européenne de Justice défavorable à Sony-BMG. Cette dernière a annulé, le 13 juillet, le feu vert donné par la Commission européenne en 2004 au mariage entre Sony Music, filiale du géant japonais de l'électronique grand public, et BMG, pôle musique de l'allemand Bertelsmann.

« Tenter dans la foulée une nouvelle fusion serait stupide », avait ainsi estimé Patrick Wellington, de la banque Morgan Stanley.

Selon des chiffres de la Fédération internationale de l'industrie phonographique (IFPI), Universal Music contrôle 25,5 % du marché, Sony-BMG 21,5 %, EMI 13,4 % et Warner Music 11,3 %. Un rapprochement des deux derniers les placerait au deuxième rang mondial.

Nombre d'analystes considèrent qu'une fusion serait profitable aux deux groupes, en renforçant la présence d'EMI aux Etats-Unis, son point faible, et en permettant à Warner de concurrencer véritablement Universal. (afp)