Emploi : il reste de réelles opportunités

BODEUX,JEAN-LUC

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Mardi 31 janvier 2012

Luxembourg Le Forem dresse le bilan socio-économique provincial en 2010 et 2011

D’un point de vue socio-économique, que représente la province de Luxembourg ? Un territoire où la densité démographique est la plus faible de Belgique, mais où la croissance démographique est la plus forte (9 % contre 4,8 en Wallonie), et où la population est la plus jeune de Wallonie.

Par ailleurs, le taux de chômage est de 9,5 % (13.096 demandeurs fin 2011), soit un niveau moindre que fin 2010 (-4,3 %), mais toujours supérieur au taux de début de crise, fin 2008. On notera par ailleurs que 27.000 frontaliers traversent chaque jour la frontière belgo-luxembourgeoise et que 6.000 travailleurs font de même en venant de France. Voilà pour un portrait serré, tous azimuts.

Et l’emploi, quelles perspectives nous offre-t-il pour 2012 ? Sans être négatif à outrance en parlant de crise, le Forem, qui vient de dresser un état des lieux socio-économique de la province en 2011, sait que les défis seront nombreux en 2012. Mais il y a aussi des possibilités. Tous les horizons ne sont pas bouchés et, comme dit Mireille Herzet, directrice régionale, « il y a du travail pour ceux qui ont de la motivation et des compétences. »

Si 2009 avait été une année où l’on a ressenti la crise, il y a eu reprise modérée en 2010 et 2011, mais le contexte s’annonce moins favorable en 2012. Les chiffres prouvent d’ailleurs un contexte déjà incertain en 2011 : moins de chômeurs temporaires (- 10,1 %), embellie dans le secteur intérimaire (+ 9,6 % d’heures prestées), reprise des embauches (+ 16,7 % d’opportunités d’emploi entre 2010 et 2011), mais faillites toujours en hausse.

« La province présente 4 secteurs clés, commente Adeline Dussart, analyste au Forem. Le commerce, qui garde un volume d’emploi important, la construction qui a connu une croissance positive, la filière bois qui reste spécifique à la province de Luxembourg et l’horeca. »

Plus en détail, on peut signaler que l’horeca (2.690 salariés et 1.248 indépendants) connaît de grosses difficultés de recrutement, comme le secteur de la construction d’ailleurs (6.330 salariés et 1.985 indépendants).

Des métiers techniques demandeurs

Grand-Duché.

Notre voisin emploi environ 27.000 frontaliers issus de notre province. Depuis le début de la crise, le Forem a noté le retour de 2.387 personnes qui se sont inscrites entre début 2008 et fin 2011. 32 % d’entre elles sont toujours en recherche d’emploi.

En 2011, le Forem a diffusé 1.606 opportunités d’emploi au Luxembourg. Les catégories professionnelles les plus recherchées sont les cadres administratifs et les professionnels de l’information (17 %), le personnel des services administratifs et commerciaux (13 %) et de la distribution et vente (10 %). La maîtrise des langues, l’anglais en premier, est évidemment un atout. Le Forem organise à ce niveau de multiples formations.

France.

6.000 résidents français viennent chaque jour travailler en Belgique (les secteurs manufacturier pour 37 %, commercial (20 %), médical et action sociale (11 %), surtout. Mais ce flot pourrait diminuer dans les mois et années à venir, car la nouvelle convention fiscale franco-belge est entrée en vigueur ce 1er janvier. Et ces frontaliers français seront désormais taxés en Belgique, et plus en France comme auparavant, ce qui était bien plus avantageux…

Emplois à Libramont.

L’ouverture de nouveaux magasins à Recogne va entraîner la création d’une soixantaine de postes de travail chez H&M, Quick et Intermarché. Quatre semaines de formation interne seront nécessaires avant l’ouverture en mars. Première séance d’information à ce sujet ce 1er février. Offres consultables sur le site www.leforem.be et 063-67.03.70.

Métiers techniques.

La promotion des métiers techniques auprès des jeunes et des demandeurs d’emploi reste un enjeu crucial. Le Forem va accentuer son travail à ce niveau, pour casser cette image négative alors qu’il y a une demande et des offres dès la fin des études et formations. On songe à une multitude de métiers où il y a une demande importante de main-d’œuvre et de fameuses perspectives de création d’emplois (bouchers, boulangers, maçons, carrossiers, etc.).

Forem.

L’institution veut renforcer son action de différentes manières : accentuer la formation aux langues, l’information sur le travail au Luxembourg, la gestion active des réserves de main-d’œuvre, la promotion des métiers techniques, etc.