En septembre, tout l'enseignement supérieur vivra à l'heure de Bologne Trois recteurs analysent Bologne Cette réforme est une bonne opportunité pour les hautes écoles Harmonisation des études de l'Atlantique à l'Oural L'exemple néo-brunswickois Clé pour le travail étudiant Une convention de collaboration pour les ingénieurs industriels Unifier les repères « bolonais »...

DUBOISDENGHIEN,RAPHAEL; LEFEVRE,GABRIELLE

Page 29-34

Mardi 24 août 2004

En septembre, tout l'enseignement supérieur vivra à l'heure de Bologne

Réorganisation profonde de l'enseignement supérieur francophone en septembre prochain. Les neuf institutions universitaires s'associent pour former trois académies axées sur les universités de Bruxelles, Liège et Louvain. Académies, hautes écoles, écoles supérieures des arts, instituts supérieurs d'architecture et enseignement supérieur de promotion sociale s'engagent dans le processus d'harmonisation des formations à l'échelle européenne. Pour jeter des ponts entre les établissements. Faciliter la reconnaissance des diplômes. Favoriser la mobilité des étudiants et des diplômés dans 39 pays.

Le 15 septembre, les rhétoriciens qui entreront dans le supérieur vivront le décret « Bologne » Ils additionneront des « crédits » cumulables et transférables : 60 crédits ou unités ECTS (European Credit Transfer System) représenteront le volume de travail à fournir pour réussir une année d'études (présence aux cours, travaux pratiques, assimilation de la matière, rédaction d'un mémoire, recherches en bibliothèque, stages...).

Trois cycles, des gradeset des masters

L'enseignement universitaire sera organisé en trois cycles. Au premier, sanctionné par un grade de bachelier, les 2 années de candidature se transformeront en 3 ans de baccalauréat (180 crédits au moins). Au 2e cycle, pas d'allongement systématique des études : la licence sera remplacée par un master de 60 ou 120 crédits selon les orientations. Au 3e, au moins 180 crédits supplémentaires seront nécessaires à l'accession au grade de docteur. Le titre de médecin ou médecin vétérinaire sanctionnera 240 ou 180 crédits, après le 2e cycle.

Les études d'instituteur, les régendats ou les graduats seront toujours organisés en un seul cycle de trois ans (quatre ans pour les infirmières accoucheuses). Un 2e cycle est prévu pour les études d'ingénieur industriel, de traducteur interprète, de sciences commerciales, de sciences administratives et de communication appliquée. Des grades de bachelier et de master sont créés dans les instituts d'architecture et les écoles d'art.

Un glissement en douceur d'un système à l'autre

L'esprit de Bologne souffle sur tous ces changements. Réunis en juin 1999 dans la ville italienne, célèbre pour son université, fondée en 1119, les ministres de 29 pays européens avaient signé une déclaration prévoyant l'harmonisation de leur enseignement supérieur.

Et l'organisation, pour 2010, d'un « Espace européen de la connaissance » dans lequel les formations seraient équivalentes, et les diplômes reconnus.

Les États étaient libres de s'engager dans ce processus. Mais ne pas y adhérer pouvait entraîner le risque de pénaliser leurs ressortissants. Quarante États ont sauté le pas, et la Communauté française Wallonie-Bruxelles est dans le peloton de tête. C'est Françoise Dupuis, l'ex-ministre de l'Enseignement supérieur, qui a concocté, pendant trois ans, le décret « Bologne » voté au Parlement en mars dernier. Le premier d'une série de décrets régissant l'ensemble de l'enseignement supérieur.

Pas de panique. Les anciens diplômes sont tous reconnus. Les minervals ne sont pas augmentés. Pas de changement pour les bourses d'études, dont le plafond vient d'être relevé. Le contenu des formations sera aménagé progressivement : les deux systèmes cohabiteront pendant cinq ans au moins. Tous les cursus en quatre ans ne passeront pas automatiquement à cinq ans. Les passerelles permettant de glisser d'une formation à une autre sont maintenues. La situation des « bisseurs » et « trisseurs » n'est pas modifiée. Les deuxièmes sessions de septembre sont maintenues. Mais les étudiants qui échoueront en 1re candidature basculeront d'office dans le nouveau système.

La compétitivité entre les institutions universitaires est redimensionnée avec le décret « Bologne », observe Marc Foccroulle, directeur de cabinet de l'ex-ministre de l'Enseignement supérieur. L'Europe se devait de réagir au phénomène américain en donnant une visibilité officielle à son échelle. Cela permet de définir une défense de l'enseignement public. Grâce au financement prévu dans le décret, nous aurons toujours un enseignement de ce type en Communauté française. Même si la concurrence va se faire avec les autres pays.

Selon le canevas du décret, les Académies ne peuvent pas s'étendre hors Communauté : il ne peut être question de légiférer pour les autres États membres. Le décret confirme aussi clairement le choix d'un enseignement supérieur binaire qui offre, à la fois, un niveau universitaire et non universitaire. Universités et hautes écoles sont compatibles pour répondre à une dimension sociale d'accessibilité. Les rapprochements entre les établissements d'enseignement supérieur se feront sur un pied d'égalité. Ils permettront, par exemple, aux infirmières de faire aussi des stages dans les hôpitaux universitaires, voire en faculté de médecine. Des études réussies dans les hautes écoles se poursuivront plus facilement dans les universités. À long terme, le retour des adultes aux études sera aussi favorisé.

L'évaluation de la qualité de l'enseignement reste une compétence nationale. Mais les représentants de l'agence du ministère de l'Enseignement supérieur seront assistés par des experts internationaux pour juger de la qualité des cursus, des pratiques pédagogiques, de l'apport de la recherche...

Il ne faut pas se leurrer, remarque Marc Foccroulle. La cotation internationale influera sur la venue de professeurs et d'étudiants étrangers. Elle obligera les institutions, organisées ou subventionnées par la Communauté française, à se faire reconnaître par la valeur de leurs formations.

Trois recteurs analysent Bologne

Les Académies universitaires de Liège, Louvain et Wallonie-Bruxelles ont mis les petits plats dans les grands pour accueillir les premiers étudiants qui s'engageront dans une formation à la saveur bolonaise. Leurs préoccupations se rejoignent mais ont des accents différents. Trois recteurs les évoquent : Marcel Crochet (UCL), Pierre de Maret (ULB), Willy Legros (ULg).

L'Extra du Soir - Quelles sont les innovations qui ont exigé les plus longues préparations pour pouvoir appliquer le décret « Bologne » en septembre ?

Marcel Crochet - C'est la réorganisation complète des programmes qui a pris le plus de temps. Il a fallu revoir tout un cycle d'études pour que les nouveaux programmes ne soient pas simplement une modification des anciens. L'essentiel était d'entrer dans une optique d'ouverture et d'orientation progressive de l'étudiant. De se demander quelles sont les compétences nécessaires pour obtenir un diplôme et de permettre de les acquérir progressivement, en tenant compte des compétences antérieures. Baser toute la pédagogie sur des crédits a aussi demandé un temps fou. Voir l'enseignement, non plus dans le temps de parole du professeur mais dans le temps de travail de l'étudiant, exige une toute nouvelle orientation de la pédagogie universitaire.

Pierre de Maret - Des milliers d'heures de travail ont été consacrées à la réforme. C'est le changement le plus radical depuis la création de l'université en Belgique. Le plus difficile a été de mobiliser des forces pour se profiler dans le processus de Bologne. Pour inventer un système qui soit compatible avec nos habitudes et avec la tendance internationale. Une de nos inquiétudes était de contribuer à la privatisation de l'enseignement supérieur et de l'inscrire dans une logique de concurrence. Ce qui aurait été tout à fait regrettable. Impliquer tout le monde dans une concertation est d'une effroyable complexité. Il y a toujours des grincheux et des enthousiastes ! Surtout dans le monde universitaire et académique où les gens ont des profils intellectuels assez marqués.

Willy Legros - La philosophie de Bologne étant essentiellement axée sur l'étudiant, il a donc fallu restructurer les programmes et surtout la manière d'enseigner. Cela a demandé un long travail de réflexion. L'encadrement pendant la première année des études a été augmenté. Des contrats lient étudiants et enseignants. Permettent de connaître le contenu des cours, de savoir comment se feront les évaluations. On s'est aussi préoccupé de la mobilité, dans et en dehors de l'institution, pour favoriser une réorientation sans perte des acquis. La Communauté française n'intervenant que très peu dans les coûts de la mobilité, on a créé une fondation pour aider les étudiants à quitter le pays vers d'autres universités, des entreprises, des bureaux d'études...

- Le temps de travail pour réussir une année d'études sera exprimé en « crédits ». Comment seront-ils attribués ?

M. Crochet - On a pris pour base qu'un crédit correspondrait à 24 heures de travail pour un étudiant moyen. Pour effectuer la conversion, on a évalué, pour chaque type d'enseignement, le temps qu'il demande sur une année étudiante. Tout est couvert par les crédits. Mais cela dépend très fort d'une faculté à l'autre. Ce n'est pas parce qu'un professeur parle pendant 15 heures que son cours demande beaucoup de travail... Le temps important passé en bibliothèque par l'étudiant de philosophie et lettres sera pris en compte comme celui de l'étudiant ingénieur qui travaille par projets.

P. de Maret - Le système des crédits est une bonne chose. C'est une façon de promouvoir une meilleure justice sociale : des étudiants travaillent pour payer leurs études, les combinent avec des responsabilités familiales, entrent à l'université sur le tard... Au départ, l'étudiant saura quels sont les crédits qu'il pourra reporter d'une année à l'autre pour gérer sa formation avec une plus grande souplesse. On s'est attaché à valoriser le travail personnel de l'étudiant. Et son engagement dans la société par des travaux de vulgarisation. Comme, par exemple, le « Printemps des sciences ».

W. Legros - L'octroi de crédits était l'occasion de repenser le contenu des cours et de donner un poids important à tout ce qui favorise l'apprentissage par projets, l'« apprendre à apprendre », l'acquisition du sens critique : les séminaires, les travaux pratiques, les recherches... Pas aux cours ex cathedra ! Ce travail a été réalisé, en partie, avec des étudiants. Dans le pôle mosan (1), nous sommes en train d'homogénéiser le contenu des crédits pour que les étudiants puissent passer, sans difficulté, de l'université aux hautes écoles et vice versa.

- Quels sont vos espoirs, et quelles sont vos craintes ?

M. Crochet - Il n'y a aucun espoir si on prend le décret « Bologne » d'une manière extrêmement stricte, en essayant de retrouver ce qu'il y avait avant. Par contre, si on voit l'orientation progressive, l'utilisation correcte des crédits, la reconnaissance des compétences, il y a un énorme potentiel. On peut aller vers un enseignement plus ouvert qui correspond à ce que désire un étudiant. Qui parvient à donner une certaine passion. Et qui répond mieux à des demandes du secteur de l'emploi.

P. de Maret - Un des défis est d'attirer des étudiants étrangers après le premier cycle, appelé inopportunément « baccalauréat ». Et qu'on peut confondre facilement avec les examens de fin d'études secondaires en France. Il vaudrait mieux parler du BMD : baccalauréat, master et doctorat... Pour être plus attractif et rester compétitif, il faudrait continuer à améliorer l'encadrement pédagogique et investir plus de moyens dans la recherche. L'impécuniosité de la Communauté française inspire de la crainte.

W. Legros - Comme le décret « Bologne » homogénéise l'enseignement supérieur, ma crainte est que le commun des étudiants ne voie pas clairement la différence entre université et haute école. Choisisse une filière qui ne lui convienne pas. L'université forme un individu qui a une base et un esprit critique suffisants pour choisir un emploi et se réorienter si nécessaire. Tandis que la haute école dispense un enseignement qui poursuit une finalité professionnelle de haute qualification.

Propos recueillis par

RAPHAËL DUBOISDENGHIEN

(1) Le pôle mosan rassemble 40.000 étudiants et 10.000 membres du personnel d'universités, de hautes écoles et d'autres instituts des provinces de Liège, Namur et Luxembourg.

Cette réforme est une bonne opportunité pour les hautes écoles Gabrielle lefÈvre

L'Ihecs (Institut des hautes études des communications sociales), membre de la haute école Galilée (1), applaudit à la mise en oeuvre de Bologne et a déjà pris les devants. C'est donc avec enthousiasme que Pierre de Villers, président de la section relations publiques et directeur des Dess (diplôme d'études supérieures spécialisées), nous en parle. Bologne est une bonne opportunité pour les instituts de type long (4 ou 5 ans, équivalent universitaire), mais nous avions déjà pris les devants en instaurant des formations spécialisées qui seront intégrées dans les masters et nous travaillons, dans le cadre des formations continues, avec des écoles d'ingénieurs industriels et d'économistes, car nos intérêts sont communs. Ainsi nous organisons cinq Dess en communication et affaires européennes, en communication et développement, en communication stratégique et commerciale internationale, en information économique et financière, et enfin en journalisme européen. Ces Dess sont accessibles aux étudiants titulaires d'un diplôme de 2e cycle délivré en Communauté française ou de tout autre Etat membre de l'Union européenne, sur présentation d'un dossier de candidature.

Nous n'avons pas d'équivalent en communication appliquée, mais nous voulons privilégier la rigueur d'un enseignement de qualité, tout en restant « ihecsiens » avec une mentalité créative, d'initiative personnelle et de groupe.

Ne pas confondre journalisme et communication

L'Ihecs a donc créé deux diplômes distincts : un en presse et information, et l'autre en communication ; ceci afin de distinguer le journalisme en tant que tel qui ne peut se confondre avec les autres métiers de la communication que sont les relations publiques, la publicité, l'animation socioculturelle et l'éducation permanente.

Pour s'adapter à Bologne, l'Ihecs propose dès septembre 2004 un baccalauréat en trois ans (dit de transition), suivi d'un master de spécialisation professionnelle en deux ans ; mais il sera possible de faire un master en un an proposant une formation plus généraliste, moins pratique et moins professionnalisante que ce que propose le master en deux ans.

Le baccalauréat sera commun à tous les étudiants, sauf quelques cours au choix en bac 1 et 2 ou de préorientation en bac 3.

Il y aura ensuite des masters en presse et information spécialisée et des masters en communication appliquée spécialisée avec trois orientations : animation socioculturelle & éducation permanente, publicité & communication commerciale, relations publiques.

Le niveau est donc bien universitaire avec une attention plus grande sur la pratique et la professionnalisation : travail de terrain, réalisations médiatiques, apprentissage par projet, langues et expression, stages d'insertion professionnelle...

Un « maillage » des projets de mémoire

Ainsi, souligne Pierre de Villers, nous avons instauré depuis quatre ans un « maillage des projets de mémoire de fin d'étude », par groupe ainsi que du « mémoire médiatique » (une production originale réalisée dans un média choisi par les étudiants). L'idée étant que le mémoire médiatique soit une réalisation collective, regroupant des étudiants ayant des intérêts différents qui se complètent. Ainsi, par exemple, des étudiants intéressés par un sujet européen, d'autres par le lobbying et d'autres encore par les ONG...

Les thèmes de ces mémoires peuvent aussi venir de demandes d'entreprises ou d'ONG qui souhaitent le regard de jeunes pour réaliser une vidéo ou un site web ou une autre forme d'expression médiatique. Nous faisons un état de la question choisie avec le groupe ainsi qu'un cahier des charges de la production avec le commanditaire.

En fin de master, les étudiants défendent leur réalisation devant un jury et évaluent ensuite leur démarche collective de manière critique. Parallèlement est réalisé le mémoire théorique qui doit être innovant et pointu, exposé en un nombre de pages diminué. Il est évident que les masters en un an supposent des mémoires plus courts, plus simples, par exemple une problématique validée en cours de stage.

Repenser les formationset innover

Pour les hautes écoles, Bologne permet de repenser les formations, soit celles qui existaient déjà et qui sont intégrées dans les masters, soit d'innover, voire même d'échanger les formations avec d'autres instituts plus spécialisés en un point ou l'autre. Mais cela, c'est encore l'avenir de la réforme de l'enseignement : spécialisation et mobilité !

La haute école Galilée comporte une filière de type long, l'Ihecs, et trois filières de type court (3 ans). Économique avec l'Ecsedi-Isalt, paramédicale avec l'Issig, et pédagogique avec l'Ispg. Rens. : www. ihecs.be.

Harmonisation des études de l'Atlantique à l'Oural

La mobilité prévue par le processus de Bologne s'appliquera de l'Atlantique à l'Oural : la Russie et l'Ukraine ont en effet adhéré à la réforme. Concrètement, si on commence des études dans un des quarante pays liés, on peut les continuer dans un autre. Et les terminer dans le pays d'origine, si on le désire. Toutes les études de type court conduisent au grade de bachelier. Et celles de type long à un master.

L'exemple néo-brunswickois

Les engagements pris à Bologne pour harmoniser l'enseignement supérieur européen font voyager les universitaires. Tout yeux, tout oreilles, des représentants de l'Université libre de Bruxelles et de l'Université de Mons-Hainaut ont parcouru le Nouveau-Brunswick, la province canadienne atlantique voisine du Québec. Pour glaner des idées d'enseignement à distance. Soulever des problèmes et envisager des collaborations. Au Nouveau-Brunswick, l'enseignement à distance (EAD) est la roue motrice d'un processus qui rend l'éducation publique accessible en région rurale. Et aux Acadiens francophones minoritaires. Toutes les écoles sont connectées à internet. Les programmes en ligne sont omniprésents dans les cours à option de l'enseignement secondaire. L'EAD participe aussi aux formations proposées aux jeunes de plus de 18 ans et aux adultes. À l'Université de Moncton, par exemple, le campus numérique Multidroit permet aux juristes francophones de maîtriser la base juridique commune à tous les pays anglophones.

Il y a beaucoup d'affinités avec ce qu'on cherche en Communauté française et ce qu'on étudie au Nouveau-Brunswick, nous confie Jocelyne Roy - Vienneau, sous-ministre adjointe de l'Enseignement postsecondaire francophone. L'effet en retour d'un enseignement assisté par ordinateur, le remplacement des syllabus par des DVD ou des cours en ligne nous préoccupent.

Constitué d'enseignants chevronnés, de spécialistes en multimédias et en design, le groupe Iditae (Intégration et développement des infrastructures technologiques en apprentissage et en enseignement) de l'Université de Moncton conçoit tous les cours médiatisés (1). Nous pratiquons l'EAD pour que nos étudiants puissent suivre des formations sans avoir besoin de se déplacer, explique Joanne Roy, gestionnaire de projet. Nous visons la francophonie internationale.

Pour Cécile Sztalberg, chargée de mission par le recteur de l'ULB, des idées pourraient être reprises pour délocaliser la formation continuée. Les rencontres ont ouvert l'appétit de collaborations de Pol Thiry. Le délégué général de l'UMH voit en l'EAD une possibilité pour les académies d'éviter les duplications en fin des deuxièmes cycles et dans les troisièmes. Là où le nombre d'étudiants est relativement réduit.

R. Dn

(1) Site internet : www.umoncton.ca.

Clé pour le travail étudiant

Pour les étudiants qui souhaitent travailler, soit pendant les vacances, soit pendant le reste de l'année, mieux comprendre ses droits est une nécessité. En effet, il s'agit de ne pas se faire rouler lors de la conclusion d'un contrat, et, d'abord, il faut en exiger un. Il s'agit aussi d'être plus strict sur la santé et la sécurité au travail. Le service public fédéral Emploi, Travail et Concertation sociale publie une brochure « Clé pour... le travail étudiants », 68 pages gratuites à commander à publi@meta.fgov.be ou sur le site www.meta.fgov.be.

Une convention de collaborationpour les ingénieurs industriels

En vue de faire face aux défis du processus de Bologne, l'ex-ministre Françoise Dupuis et les autres pouvoirs organisateurs de toutes les hautes écoles de la Communauté française organisant des études d'ingénieurs industriels ont signé une importante convention de collaboration. Cette dernière vise à développer des synergies en matière d'offre de formation, de mobilité des étudiants et de ressources humaines. Cette initiative va permettre la mobilité des étudiants « ingénieurs industriels » en fin de 1re et de 2e année du premier cycle, quelle que soit la haute école ou le groupe de cours à option dans lequel ils se sont inscrits, expliquait Françoise Dupuis. Grâce à cette convention, les hautes écoles s'engagent, d'une part, à favoriser la mobilité des étudiants et des enseignants et, d'autre part, à se concerter pour des actions d'information générale ou de promotion des études et de la profession d'ingénieur industriel. De même, elles veilleront au développement de synergies en matière de recherche, de formation continue, de services à la collectivité, mais aussi d'infrastructures et d'équipements lourds nécessaires à la poursuite de leurs missions. Concrètement, chaque haute école organisant les études d'ingénieur est amenée à conclure des accords de collaboration avec d'autres pour la mise en

pratique de ces engagements, dès la prochaine rentrée.

Unifier les repères « bolonais »...

- Le crédit

Les programmes d'études sont désormais présentés en crédits, ce qui inclut non seulement les heures de cours, mais aussi les activités d'apprentissage pratique et le temps de travail personnel des étudiant(e)s. Il est convenu qu'une année d'études comportera 60 crédits.

- Le baccalauréat professionnalisant

Organisé en haute école ou dans une école supérieure des arts, il correspond à l'enseignement supérieur de type court en 3 ans (180 crédits) ou 4 ans (240 crédits). Il s'agit par exemple des anciens régendats et graduats. Le diplôme mène à l'exercice d'une profession, mais il permet aussi, grâce à un système de passerelles, la poursuite des études.

- Le baccalauréat de transition

Il s'agit du premier cycle en 3 ans (180 crédits) qui donne accès directement au master. Il remplace les candidatures.

- Le master

Grade académique de 2e cycle qui sanctionne des études en 4 ou 5 ans (240 ou 300 crédits). Qu'il s'agisse de 4 ou 5 années d'études, le titre de master figurera sur le diplôme.

- Le master complémentaire

Il sanctionne une formation complémentaire de 2e cycle à l'université, de 1 an (60 crédits) au moins, obtenue après un premier master en au moins 5 ans. Il s'agit par exemple des spécialisations en médecine.

- Le doctorat

Troisième cycle universitaire, il mène au grade de docteur à l'issue d'une formation spécifique à la recherche au sein d'une académie, et après soutenance d'une thèse.

- L'Académie

L'Académie est une structure de collaboration entre les universités. Les universités sont toutes maintenues, mais elles sont davantage appelées à travailler ensemble.

Rens. : www.toutsurbologne.be.