Une Belgique 100 % renouvelable

DE MUELENAERE,MICHEL

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Mardi 29 mars 2011

Energie Les quatre ministres compétents organiseront des états généraux

Réunissons-nous à quatre », avait lancé, samedi dernier dans Le Soir, le ministre wallon de l’Energie Jean-Marc Nollet (Ecolo) à ses homologues du fédéral et des Régions bruxelloise et flamande. L’affaire n’a pas traîné. Ce lundi, Paul Magnette (PS, fédéral), Evelyne Huytebroeck (Ecolo, Bruxelles), Freya Van den Bossche (SP.A, Flandre) et Jean-Marc Nollet se sont retrouvés pendant une heure et demie afin de confronter leur approche de la politique énergétique. Pas un luxe : tous sont confrontés aux mêmes défis. La hausse des prix du pétrole et son impact sur le consommateur, la lutte contre le réchauffement climatique, la nécessaire promotion des énergies renouvelables. Régions et fédéral sont aussi condamnés à unir leurs efforts pour atteindre les objectifs que la Belgique s’est engagée – au sein de l’Union européenne notamment – à atteindre en matière de réduction des gaz à effet de serre, d’efficacité énergétique et d’utilisation des énergies vertes. Enfin, la question de la sortie du nucléaire en 2015 est un sujet qui les oppose.

Beaucoup de sujets de collaboration et quelques occasions de se quereller donc. Les ministres n’ont pas conclu sur le vide. Ils ont ainsi décidé de lancer avant l’été des « Etats généraux » destinés à formuler « des recommandations sur la production d’énergie » . Cette vaste table ronde réunira investisseurs (présents et futurs), régulateurs, industriels, organisations de consommateurs, ONG, gestionnaires de réseaux… Pour les quatre ministres, l’objectif est de pointer les obstacles aux investissements dans le secteur énergétique afin de mieux les surmonter.

Sortir ou pas du nucléaire ?

Moins spectaculaire, mais peut-être plus fondamental, les trois Régions et le fédéral établiront avant l’été également « une liste des capacités existantes en matière de production d’électricité et de leur évolution (projets et fermetures) » . Le texte du communiqué ne le dit pas, mais il s’agira notamment ici de se confronter sur une question simple : la Belgique disposera-t-elle, en 2015, des capacités de production électrique suffisantes pour se passer des trois réacteurs nucléaires (Doel 1 et 2, Tihange 1) qui, devraient s’éteindre à cette date ? Les Ecolos affirment que les capacités de remplacement existent. Magnette soutient que non. Les socialistes flamands, divisés, participent à un gouvernement qui, majoritairement, a conclu en faveur de la prolongation des réacteurs nucléaires. L’établissement du tableau des capacités sera confié à la Creg, la commission de régulation de l’électricité et du gaz, ainsi qu’aux régulateurs régionaux. Au final, le relevé sera approuvé conjointement par les quatre ministres. De quoi éclairer le prochain gouvernement fédéral qui trouvera à son agenda la question de la sortie du nucléaire.

Enfin, et ce n’est pas le moindre engagement, Régions et fédéral se sont entendus sur un objectif belge tendant « vers 100 % » de production d’énergie d’origine renouvelable en 2050. Ils disent bien « renouvelable », ce qui exclut en principe le nucléaire. La rédaction d’un scénario « à l’envers », rédigé selon une méthode dite de « backcasting » sera confiée au Bureau fédéral du Plan et aux instituts de recherche des Régions. Leur devoir devra être prêt pour fin 2011, début 2012. Il s’agira de fixer des objectifs intermédiaires contraignants afin d’atteindre, en 2050, les 100 % de renouvelables.