L’électricité pourrait être verte à 100 % en 2050

CONDIJTS,JOAN

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Mercredi 14 avril 2010

Energie Selon une étude de McKinsey, l’Europe pourrait être totalement alimentée par du courant renouvelable dans 40 ans

L’électricité européenne sera-t-elle exclusivement produite par des moyens renouvelables (hydraulique, éolien, solaire) dans quatre décennies ? Le World Wildlife Fund (WWF) ne se contente pas de le souhaiter. L’organisation de conservation de la nature a soutenu l’étude de différents scénarios pour aboutir à une économie moins carbonée en 2050. Principal enseignement de cette analyse réalisée par le bureau de conseil McKinsey : « Un système électrique à 100 % vert serait tout aussi fiable que le système actuel et réduirait les coûts d’importations de combustibles fossiles ».

L’étude démontre également que le coût d’un parc électrique sans carbone ne serait pas supérieur (sur base d’une tonne de CO2 à 20-30 euros) à celui d’un système tel que celui que la plupart des Etats européens développent actuellement, soit principalement axé sur le gaz, le charbon et, dans certains cas, sur le nucléaire. « Ce qui changerait significativement, c’est le niveau d’investissements au début du cycle ». Autrement dit, un scénario vert exigerait un doublement des investissements dans les dix, voire vingt, prochaines années mais se solderait par une décélération (des investissements) nettement plus rapide que dans une option d’énergie « grise ».

Parallèlement, le scénario vert permettrait de gonfler de quelque 250 milliards d’euros le produit intérieur brut de l’Union européenne dès 2020 par le biais des exportations technologiques que cette « nouvelle économie » générerait. Les experts de McKinsey indiquent qu’afin d’aboutir à une électricité totalement renouvelable en 2050, des mesures immédiates doivent être prises. Une révolution qui passe notamment par un développement des mesures d’efficacité énergétique (qui réduisent la demande), des investissements dans l’interconnexion des réseaux électriques régionaux et l’instauration de réseaux de distribution dits « intelligents » (une meilleure gestion de la demande), ainsi que par une conversion du parc automobile utilisant, aujourd’hui, principalement les carburants fossiles à l’électricité.