Enseignement - Le CDH dénonce Neutralité : les « cinq erreurs » de Hazette

LAMENSCH,MICHELLE

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Vendredi 14 novembre 2003

Enseignement - Le CDH dénonce

Neutralité : les « cinq erreurs » de Hazette

MICHELLE LAMENSCH

Péchés contre le bon sens, contre la santé financière de la Communauté française, contre la mobilité des professeurs, contre le rapprochement des réseaux d'enseignement et contre la sécurité juridique : André Antoine, vice-président du CDH illustre son sens de la formule pour exposer les cinq erreurs du ministre MR de l'Enseignement secondaire, Pierre Hazette (MR), qui défendra, ce matin, au parlement francophone, son projet de décret organisant la neutralité de l'enseignement officiel subventionné.

Le CDH se dit acquis au principe de neutralité des écoles communales et provinciales. Mais il estime que l'adhésion des enseignants à leur projet d'école devrait suffire à prouver leur neutralité. Antoine s'insurge contre la formation de 20 heures à la neutralité, ce décrassage idéologique auquel devraient principalement se soumettre les enseignants diplômés du libre travaillant dans ces écoles. En effet, les professeurs nommés ou temporaires prioritaires (au 1er septembre 2004), quelle que soit l'origine de leur diplôme, seraient dispensés d'une telle formation, du sas de décontamination. Pour tous les temporaires non prioritaires, une formation complémentaire à la neutralité serait organisée, dès septembre 2004, à l'université, en promotion sociale ou dans le supérieur pédagogique, chaque fois à l'exclusion du libre confessionnel. Pour les élèves-enseignants de l'officiel, la formation serait intégrée à l'horaire normal.

Les cinq erreurs de Hazette, selon Antoine ?

1 - Bon sens : Comment expliquer que quelqu'un soit prisonnier de son diplôme, une fois pour toutes, au moment où on souffre d'une pénurie de professeurs ?

2 - Finances : La Communauté est à la corde et on va consacrer l'argent de la formation continuée en maths ou en français à la formation à la neutralité.

3 - Mobilité : Les réseaux libre et officiel mettent des infrastructures en commun. S'inquiétera-t-on de la neutralité des professeurs du libre travaillant momentanément dans un bâtiment officiel ?

4 - Rapprochement : On envisage des échanges de professeurs entre réseaux libre et officiel. Et on dresse un « mur de Berlin », un contrôle de douane idéologique...

5 - Insécurité juridique : Rupture d'égalité entre les enseignants en place avant et après l'entrée en vigueur du décret. Un enseignant sera-t-il réputé neutre en cas de double diplôme (libre et officiel) ? Quid pour les enseignants (maîtres spéciaux de langue) venus de Flandre ? Enfin, pourquoi l'UCL ne pourrait-elle pas former à la neutralité ?

Réponses, ce vendredi, au Parlement ?·