Enseignement - Richard Miller, député MR, a déposé une proposition de décret au parlement de la Communauté française Et revoilà le cours de philosophie à l'école secondaire

BOUILLON,PIERRE

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Jeudi 14 avril 2005

Enseignement - Richard Miller, député MR, a déposé une proposition de décret au parlement de la Communauté française

Et revoilà le cours de philosophie à l'école secondaire

PIERRE BOUILLON

A force, c'est devenu le monstre du Loch Ness du débat scolaire. Mais là, la bête est en train d'escalader la berge. Après des années de débats, colloques et études sur le sujet, l'idée d'introduire un cours de philosophie à l'école a pris l'habit d'une proposition de décret. Rédigé par le député MR Richard Miller, et cosigné par le libéral Jean-Pierre Dardenne, le texte a été déposé hier en commission de l'Education du Parlement de la Communauté. Il sera débattu le 26 avril. Oui ou non à la philo à l'école ? Ce sera l'heure de vérité.

Miller propose en fait un « cours de philosophie et d'histoire culturelle des religions ». Il serait dispensé à raison d'une heure/semaine aux deux dernières années du secondaire (général, technique, professionnel). Nous vivons dans une société de plus en plus multiculturelle, multiethnique, dit Miller. Mais ça ne sert à rien de s'en rendre compte si on ne se comprend pas. Et c'est le but de mon texte : mieux se comprendre. Les cours de religion/morale cloisonnent les élèves. Moi, je veux les rassembler et leur proposer un contenu, un cours structuré.

La philo s'ajouterait à la grille. On ne supprimerait pas d'autre cours par compensation. Ça imposerait des coûts, des engagements, admet Richard Miller. Mais l'école a été refinancée.

L'idée de remplacer le cours de religion/morale par la philo n'a pas été retenue par le député. Cela forcerait à réviser la Constitution et cela heurterait l'esprit de la proposition de décret. Pour peu que l'on cesse d'assimiler la philo à un enseignement de morale laïque, écrit Miller dans l'exposé des motifs, elle n'est pas incompatible avec la conviction et l'engagement requis par la foi religieuse ou la laïcité. La philo n'est pas une machine de guerre contre les dieux. Elle est une machine de liberté contre la bêtise, l'appauvrissement de la langue, l'uniformisation de la pensée et l'aveuglement identitaire.

Quel sort les autres partis réserveront-ils à ce texte ? Réponse le 26 avril. Le CDH n'est pas chaud. Il a déposé un texte concurrent prévoyant la possibilité (et pas plus que ça) d'organiser des rencontres entre élèves de religion et de morale. Ça, non !, dit Richard Miller. L'enseignement secondaire, ce n'est pas le « Club Med » ! Il lui faut du contenu, à ce cours de philo.

L'accueil est moins froid au PS. Le chef de groupe Léon Walry s'est donné quelques jours pour étudier la possibilité d'établir une synthèse des initiatives en la matière. Je n'ai pas de caprice d'auteur, dit Miller. Si la majorité dépose un texte propre, je voterai, s'il va dans le sens du mien.

A Ecolo, pas d'opposition de principe. Mais Marcel Cheron se demande si Miller n'arrive pas au mauvais moment : On ne sait pas encore ce que le Contrat stratégique de la ministre Arena aura comme répercussions sur la grille-horaire. Donc : prudence.·