Enseignement Une étude approfondie du parlement francophone le confirme Pas de philo à l'école sans revoir la Constitution

LAPORTE,CHRISTIAN

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Mardi 7 janvier 2003

Enseignement

Une étude approfondie du parlement francophone le confirme

Pas de philo à l'école sans revoir la Constitution

CHRISTIAN LAPORTE

Depuis trois ans et demi, et ce mardi matin à nouveau, en commission du parlement, la Communauté française débat de la place de la philosophie à l'école. Le ministre-président, Hervé Hasquin (MR), et le ministre de l'Enseignement primaire, Jean-Marc Nollet (Ecolo), y sont très favorables, comme une large majorité des députés. Reste à couler ces intentions sous une forme légale. Mais il y a une objection que le parlement estime incontournable : cela nécessiterait une révision de la Constitution. Son article 24 dit, en effet, que les écoles organisées par les pouvoirs publics offrent le choix entre l'enseignement d'une des religions reconnues et celui de la morale non confessionnelle.

D'aucuns ont suggéré de remplacer les cours de religion et de morale par la philosophie. Mais l'article 24 garantit à tous les élèves le droit à une éducation morale ou religieuse. Le pacte scolaire quantifie en outre l'obligation : 2 heures/semaine minimum. Une révision de la Constitution risquerait, dit-on, d'ouvrir un conflit sur des questions philosophiques, voire de ranimer la guerre scolaire, sans compter la menace sur l'emploi des professeurs de religion et de morale.

Autre piste possible : les cours de morale et de religion deviennent facultatifs, mais la philosophie serait obligatoire. Ici encore, l'article 24 reste un obstacle. Les Communautés peuvent accorder des dispenses, mais il ne faudrait pas qu'elles en arrivent à un système de dispense générale sous peine de vider l'article 24 de son sens.

Autres pistes encore : réduire le volume horaire des cours de morale et de religion. Selon le service d'études du parlement, un volume d'une heure/semaine pourrait répondre au prescrit constitutionnel.

Inscrire la philosophie dans l'enseignement primaire et/ou secondaire impliquerait en outre de revoir les législations sur les programmes de cours et les socles de compétence, et d'adapter éventuellement la grille horaire, la législation sur les titres requis et la formation initiale et en cours de carrière des enseignants...

Enfin, si on introduisait la philosophie sous forme de modules ponctuels rattachés aux disciplines existantes, il faudrait également changer la législation en matière de programmes, socles de compétence, etc.·