Enseignement Une proposition de décret PS Il faut un pilote pour «L'école de la réussite»

LAMENSCH,MICHELLE

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Mercredi 28 novembre 2001

Enseignement Une proposition de décret PS Il faut un pilote pour «L'école de la réussite»

Il faut pouvoir tester les résultats de notre système éducatif, dit le député Christian Dupont qui veut créer une commission d'évaluation objective.

MICHELLE LAMENSCH

N otre enseignement est réputé dans le monde entier mais nous sommes aussi les champions du monde de l'échec scolaire! Le député Christian Dupont (PS) décèle un hiatus entre l'«Ecole de la réussite»... et le nombre d'élèves qui y réussissent. Il dépose au parlement de la Communauté française une proposition de décret visant à améliorer le pilotage de notre système éducatif, fondamental et secondaire. Elle s'adresse aux ministres Jean-Marc Nollet (fondamental, Ecolo) et Pierre Hazette (secondaire et spécial, PRL).

Avec son décret-missions (1991), la ministre de l'Enseignement de l'époque, Laurette Onkelinx (PS), voulait substituer une pédagogie des «compétences» à une pédagogie des «connaissances». Plutôt que de transmettre un savoir, les professeurs allaient insuffler un «savoir-être», un «savoir-faire», plus participatif, à leurs élèves, censé les rendre plus autonomes. L'évaluation des connaissances fut également modifiée, évoluant d'un test par année à un test par cycle de deux ou trois ans. Notre enseignement organisé en différents réseaux (NDLR: officiels et libre) manque de cohérence, dit Christian Dupont. Faute de pratiques communes en primaire, les professeurs du secondaire font parfois table rase des connaissances et repartent de zéro, en seconde langue, par exemple. La liberté de l'enseignement ne saurait être garantie si les élèves se trouvent à un moment donné dans l'impossibilité de choisir leur école future, en raison d'une formation à ce point spécifique qu'elle leur ferme un grand nombre de portes.

Dupont propose donc de créer une «commission de pilotage» des enseignements. Elle réunirait des inspecteurs du primaire et du secondaire, des experts en pédagogie, des représentants de tous les types d'écoles, des syndicats et des parents.

Cette commission piloterait la formation continuée des enseignants. Elle collecterait systématiquement des informations objectives sur le système éducatif, veillerait à la concordance entre les programmes de différents réseaux et niveaux, les «socles de compétences» (minima requis), les compétences terminales et les profils de formation. Les experts à la commission devraient faire le lien entre les pratiques de l'école et la recherche.

Mesurer la pertinence d'un enseignement implique l'organisation d'évaluations externes. Chaque cycle de l'enseignement obligatoire et le 3e degré du secondaire feraient l'objet d'une évaluation externe, tous les cinq ans au moins. Avec des recommandations à la clé. Attention! dit Dupont. Nous ne voulons pas évaluer des élèves, des enseignants ou des écoles à des fins de classement ou de concurrence. L'évaluation doit être informative et porter sur le «système». P our aider chaque acteur de ce système à atteindre ses objectifs.

La commission de pilotage assurerait le suivi statistique des élèves afin de mieux comprendre les décrochages scolaires, les problèmes rencontrés et les réorientations successives.