EntretienNoémie LaumontDepuis le 3 septembre, la nouvelle secrétaire générale de la Fédération des producteurs

NACZYK,RAFAL

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Samedi 26 septembre 2009

Entretien

Noémie Laumont

Depuis le 3 septembre, la nouvelle secrétaire générale de la Fédération des producteurs d’énergies renouvelables (Edora).

Malgré les difficultés dues à la crise, elle considère que les énergies renouvelables deviendront un des piliers de l’économie belge dans les 11 prochaines années. Quel est le potentiel, en termes d’emplois, des énergies renouvelables en Belgique ? En fonction des scénarios de développement, nous estimons le potentiel d’investissements du secteur wallon des énergies renouvelables de 8 à 15 milliards d’euros entre 2009 et 2020, pour développer la production d’énergie renouvelable en Belgique. À cela s’ajoute un potentiel de création de 15.000 emplois supplémentaires, en plus des 9.400 répertoriés à ce jour, pour atteindre le chiffre de 24.400 emplois dans le secteur des énergies renouvelables en 2020. Il est difficile d’extrapoler ces chiffres à l’ensemble du pays, car les régions n’ont pas encore des objectifs partagés. Tout dépend donc des politiques qui seront mises en œuvre. Mais selon toute probabilité, la Flandre devrait créer un nombre équivalent d’emplois. Si pas davantage, car le nord du pays consomme plus d’énergie. Par ailleurs, la Flandre peut bénéficier indirectement des retombées du développement offshore. Il y a de grands projets d’installation en mer du Nord, qui devraient créer beaucoup d’emplois. Comment se développent les acteurs clés du secteur ? Il y a encore beaucoup d’obstacles à la réalisation de nouveaux projets : ils sont administratifs, financiers et culturels. Les banques se montrent frileuses suite à la crise, quant au grand public, il ne tolère pas toujours l’installation d’éoliennes dans le paysage wallon. Les entreprises belges du secteur des énergies renouvelables sont donc très dépendantes de la volonté politique. Une certaine concurrence apparaît aussi entre les petits producteurs. Ceux qui ont des assises plus solides et des épaules plus larges s’en sortent mieux que d’autres. Le secteur a-t-il subi un ralentissement à cause de la crise ? Les entreprises qui sont déjà en production, ont directement été touchées par le prix de l’électricité revu à la hausse. Elles ont eu moins de marge de manœuvre pour valoriser leur production. Par contre, les entreprises qui ont des installations en projet ont essuyé davantage de difficultés de financement. Paradoxalement, ce secteur en pleine croissance rencontre des difficultés à recruter du personnel qualifié. Lors de l’enquête que nous avons réalisée pour le compte de la Région wallonne, il est apparu qu’une entreprise sur deux interrogée ne trouve pas de collaborateurs et estime que l’offre de formations doit être améliorée. Les porteurs d’énergies renouvelables trouvent-ils facilement chaussure à leur pied ? Quels sont leurs besoins ? Vers quels profils tendent-ils ? Il y a une pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Comme partout, les profils techniques manquent à l’appel. Si les ouvriers qualifiés sont très demandés pour la maintenance et l’installation de panneaux photovoltaïque, l’énergie photovoltaïque fait actuellement l’objet d’un gros effort de recherche et développement. Or, il est difficile d’attirer des ingénieurs qui sont déjà chouchoutés de toutes parts. Par ailleurs, il y a un fort potentiel de reconversion, car les métiers de l’énergie renouvelable sont, pour leur grande majorité, des métiers classiques. L’énergie éolienne, par exemple, cherche des experts en électricité et en électrotechnique, des installateurs ainsi que des chefs de chantier. Sous réserve d’une spécialisation supplémentaire, on peut facilement s’y retrouver.