Mobilisation internationale pour Mumia

METDEPENNINGEN,MARC

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Mardi 9 novembre 2010

Etats-Unis A Bruxelles aussi, une manifestation pour dénoncer l’exécution souhaitée du militant afro-américain

A la veille d’une audience décisive, ce 9 novembre, devant la cour d’appel fédérale de Philadelphie, des rassemblements de sympathisants à la cause de Mumia Abu Jamal, l’un des plus célèbres condamnés à mort aux Etats-Unis, ont été organisés aux quatre coins du monde, dont à Bruxelles, devant l’ambassade américaine, à l’initiative, notamment, du Clea (le Comité pour la liberté d’expression et d’association) et du Secours rouge.

La Cour fédérale doit décider aujourd’hui du sort à réserver à ce journaliste et militant de la cause des Noirs des Etats-Unis : l’exécution ou la détention à perpétuité, après avoir été reconnu coupable du meurtre d’un policier, Daniel Faulkner, tué lors d’une fusillade le 9 décembre 1981.

Depuis près de trente ans, Mumia Abu Jamal, né en 1954, croupit dans le couloir de la mort. Ses défenseurs relèvent que les Etats-Unis, si prompts à dénoncer le sort réservé à l’Iranienne Sakhineh, cette jeune femme de 43 ans promise par le régime de Téhéran à la lapidation, font fi des 3.500 condamnés à mort américains, appelés à subir le même sort, fût-ce par des moyens moins spectaculaires mais tout aussi barbares.

Mumia Abbu Jmal, de son vrai nom Wesley Cook, fut depuis son plus jeune âge un militant des droits des Afro-Américains. Dès l’âge de 14 ans, il fut fiché par le FBI pour avoir voulu rebaptiser son lycée au nom du militant « Malcolm X ». Il devint ensuite journaliste de radio, titulaire de plusieurs prix, dénonciateur d’affaires de corruption au sein de la police de Philadelphie. Il fut aussi l’une des figures de proue du mouvement des Black Panthers.

En 1981, révoqué de sa fonction de journaliste et devenu chauffeur de taxi, il est incriminé dans une fusillade fatale au policier Daniel Faulkner. Lui prétend qu’il se serait trouvé là par hasard, apercevant sur les lieux du drame son frère. Grièvement blessé, il aurait été malmené par la police, victime de plusieurs entourloupes policières, poursuivi par un procureur et un juge qui se seraient promis de « faire griller un nègre », défendu avec mollesse par un avocat commis d’office qui aurait négligé son procès aboutissant, sous la décision d’un jury exclusivement composé de Blancs, à sa condamnation à mort.

Mumia Abu Jamal n’a eu de cesse de clamer son innocence, même si les preuves qui l’accablent sont nombreuses. Après l’avoir exonéré de l’application de la peine de mort, la justice de Philadelphie a été autorisée à requérir son exécution capitale.

Mumia a été fait citoyen d’honneur de plus de 25 villes, dont celles de Paris ou de Los Angeles. Amnesty International, « sans se prononcer sur l’innocence » de Munia, dénonce les conditions dans lesquelles son procès fut tenu et, surtout, la sentence de mort prononcée, « la forme ultime du châtiment ultime, inhumain et dégradant ».