Evasions et prise d’otage à Jamioulx

DUBOIS,FREDERIC

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Lundi 1er août 2011

Justice Parmi les fuyards, l’un des meurtriers du boulanger de Jamioulx

Trois détenus de la prison de Jamioulx, peut-être quatre, sont parvenus à tromper la vigilance des agents pénitentiaires, ce dimanche au retour du préau, en fin d’après-midi. Il semble qu’ils ont pu se procurer ou fabriquer des armes blanches artisanales qu’ils ont utilisées pour prendre une gardienne en otage, en molester une autre qui tentait de s’interposer et quitter le centre pénitentiaire. Aucune information officielle n’a été livrée, ce dimanche soir, ni du côté du parquet de Charleroi, ni de la directrice de la prison.

Après avoir pris la fuite à bord de la voiture de la gardienne, les détenus auraient eu un accident et réussi à car-jacker deux autres véhicules aux abords du centre pénitentiaire, avant de disparaître dans la nature. « J’ai entendu les cris d’un enfant, raconte une dame témoin des faits. Je me suis avancée dans la rue et j’ai aperçu une Peugeot faisant demi-tour. Un homme (NDLR : le père du jeune garçon) restait planté, apathique, sur le bord de la route. Il m’a dit qu’on venait de lui mettre un couteau sous la gorge pour le car-jacker. De ce que j’ai pu voir, il y avait deux personnes dans cette voiture, dont une femme aux cheveux teints en rouge (NDLR : la gardienne otage) sur le siège passager. »

Alertées rapidement, les forces de police des zones afférentes ont convergé vers la prison de Jamioulx, de même que l’hélicoptère de la police fédérale. Des patrouilles ont été menées et la brigade canine devait lancer ses chiens sur la piste des évadés, sachant que celle-ci s’arrêterait probablement là où ils ont « emprunté » des véhicules.

A l’heure d’écrire ces lignes, l’identité de deux des fuyards était connue. Le premier n’est autre qu’Abdelah Mostefa, l’un des tueurs du boulanger de Jamioulx Pascal Hennuy.

Condamné à 30 ans de réclusion par la cour d’assises du Hainaut en septembre 2010, l’intéressé avait déjà tenté de s’évader de la prison de Mons, un mois plus tard, en compagnie de Frédéric Echazar, aussi impliqué dans le crime du boulanger. Il avait pour cela reçu l’aide de complices extérieurs qui avaient tenté de créer une brèche dans le mur d’enceinte à l’aide d’explosifs.

Cazetta, tout aussi dangereux

Le deuxième truand est tout aussi dangereux et a lui aussi déjà tenté de s’évader. Julien Cazzetta est en effet soupçonné d’un meurtre survenu le 30 novembre 2010 au « Victoria », un bar sexy de Gosselies. Pour s’emparer de la voiture d’un client, il n’avait pas hésité à faire usage d’une arme à feu, abattant un homme de 30 ans. En fuite aux Canaries, il avait été pincé à son retour en Belgique. Soupçonné de plusieurs braquages de banques et de commerces, Cazzetta avait tenté de s’enfuir de la chambre du conseil de Charleroi, mais avait été maîtrisé par un magistrat.

L’identité du ou des autres évadés restait encore inconnue. Ce dimanche à 23 h, l’otage a été retrouvée saine et sauve dans la région de Charleroi. Le parquet de Charleroi devrait donner de plus amples précisions ce lundi matin.