Farnborough, le salon où on vole

RENETTE,ERIC; AFP

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Mardi 20 juillet 2010

Transports Premier déplacement du très attendu Boeing B787 Dreamliner au salon aéronautique anglais

On l’attendait au Bourget près de Paris l’année dernière, c’est à Farnborough près de Londres que le Boeing 787 « Dreamliner » a posé les roues pour la première fois hors des États-Unis. Logique, le salon aéronautique d’été se tient une année d’un côté, la suivante de l’autre. Surtout, ce décalage d’un an et d’un pays concrétise le retard qu’a pris le développement de ce nouveau Boeing long courrier particulièrement léger (composé à 50 % de matériaux composites) et donc peu/moins gourmand en carburant. Un retard quasi chronique depuis le lancement du projet (2004). Qui ne s’arrange visiblement pas : le vice-président de Boeing Commercial Airplanes, Scott Fancher, avait indiqué la semaine dernière que la livraison, prévue d’ici à la fin de l’année, du premier exemplaire du Dreamliner (« avion de rêve ») à la compagnie japonaise ANA, pourrait être repoussée « de quelques semaines à début 2011 ».

Chez le concurrent Airbus également, on connaît quelques retards : l’Allemagne, l’Espagne, la France et le Royaume-Uni ont néanmoins confirmé leur engagement à verser des avances remboursables à Airbus pour développer son futur long-courrier A350 tandis que le patron d’Airbus Military Domingo Ureña-Raso a indiqué lundi qu’il espérait la signature d’un contrat formel d’ici à la fin de l’année pour le financement de l’Airbus A400M, l’avion de transport militaire européen.

En attendant, à Farnborough, les deux géants de l’aviation engrangent les commandes, chacun essayant de dépasser l’autre. Les spécialistes remarquent qu’en plus des compagnies aériennes traditionnelles, ce sont les grandes sociétés de leasing d’avion (elles possèdent environ 30 % des avions en activité) qui manifestent le plus grand appétit, preuve d’un certain retour de confiance du marché.

Pour combien de temps encore le marché international et l’attention des salons seront-ils encore réservés aux deux seuls géants des airs, Boeing et Airbus ? Le tête-à-tête des deux frères ennemis risque d’être troublé par les concurrents qui viennent les défier sur le marché lucratif des monocouloirs court ou moyen courrier (environ 100 places).

Le CSeries du canadien Bombardier, qui vient concurrencer directement les moyen-courriers Airbus A320 et Boeing 737, espérait engranger des commandes de Qatar Airways. Ce ne sera pas pour cette année. Des avions chinois, brésiliens, japonais et russes – à des stades divers – sont aussi en embuscade sans toutefois montrer le bout d’une aile. L’année prochaine au Bourget peut-être.