FIN DE LA TABLE RONDE SUR LES PENSIONS:LA CONCERTATION CONTINUE LES IDEES WILLOKX SONT PLUTOT MAL ACCUEILLIES

EVENS,THIERRY

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Jeudi 2 décembre 1993

Fin de la table ronde sur les pensions: la concertation continue

Les idées Willockx sont plutôt mal accueillies

La table ronde sur les pensions tenait, mercredi, sa dernière séance. Le ministre Willockx y a soumis les trente propositions qu'il a émises pour garantir l'avenir du système («Le Soir» du 4 novembre). Elles ont essuyé de sévères critiques des syndicats et des associations de pensionnés.

Freddy Willockx prendra donc seul la responsabilité des principes qu'il veut mettre en oeuvre. Il continuera cependant à consulter l'ensemble des organisations dans un comité permanent. Le travail sera intense au moment des fêtes de fin d'année. En janvier, un projet de loi sera déposé au Parlement, comprenant en particulier le nouveau système de calcul des montants. Le ministre s'est engagé à ce qu'aucune mesure n'entre en vigueur avant le 1er janvier 1995 (hormis la cotisation prévue dans le plan global et la suppression du coefficient affecté aux années forfaitaires des employés, déjà votée).

La promesse de consulter réjouit la Fédération des préretraités et retraités (FPR). Elle critique pourtant sévèrement l'esprit des mesures envisagées. On mêle les problèmes. Les pensionnés peuvent participer comme tout le monde à l'assainissement des finances publiques. Mais pas en leur imposant des mesures structurelles spécifiques sous prétexte d'un problème démographique qui se posera en 2010, et pour lequel on ne constitue aucune réserve.

L'interrégionale wallonne de la FGTB a boycotté la fin de la table ronde pour ne pas être prise en otage et sembler cautionner des orientations indéfendables. Elle a envoyé ses réactions par écrit. Globalement, elle estime qu'on se dirige vers un affaiblissement du premier pilier (pension légale) au profit des systèmes complémentaires (assurances-groupe, assurances individuelles) non accessibles à toute la population. Le syndicat refuse de laisser aux ministres (présents et à venir) la liberté d'intervenir pour «modérer l'augmentation automatique des pensions des nouveaux pensionnés». Cette carte blanche risque d'amener la pension légale à un niveau uniforme minimal.

Le nouveau mode de calcul en gestation prévoit l'égalité hommes-femmes et une modération de la croissance des montants des futurs pensionnés. On ne peut pas oublier, dit la FGTB, que si davantage de ménages touchent deux pensions, c'est qu'ils ont payé auparavant deux cotisations. Et s'il est vrai que l'écart de revenus entre nouveaux et anciens pensionnés est sensible, c'est surtout parce que les anciennes pensions ne sont plus guère adaptées au bien-être. À cet égard, le principe d'une adaptation quinquennale pour les pensions les plus faibles en fonction des possibilités est refusé par le syndicat: C'est un abandon du principe de la liaison au bien-être.

La FGTB s'indigne du projet de compter les journées assimilées (chômage, prépension, maladie...) sur base du salaire moyen, et non plus du dernier salaire. On pénalise ainsi deux fois les gens. La solidarité entre pensionnés n'est pas rejetée en principe. Mais il faut associer les indépendants et ne pas oublier que les pensionnés, comme tout le monde, ont déjà encaissé beaucoup de mesures d'austérité.

Th. E.