Fournaux accuse

PETIT,JEAN-PHILIPPE

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Samedi 20 décembre 2008

Dinant Dossier du casino

Avec ses avocats, le bourgmestre dénonce la partialité du réquisitoire rédigé dans le cadre du dossier du casino.

Ceux qui le pensaient abattu après la levée, ce jeudi, de son immunité parlementaire se sont lourdement trompés. Richard Fournaux (MR), le sénateur-bourgmestre de Dinant, a décidé de contre-attaquer dans le dossier du casino. Entouré de ses avocats, Mes Remy et Causin, il a voulu démontrer en quoi, selon son point de vue, le réquisitoire qui doit être prononcé, le 20 janvier prochain, devant la chambre du conseil est partial et a été rédigé seulement « à charge ».

Richard Fournaux et ses avocats expliquent n’avoir pas voulu réagir plus tôt aux informations qui avaient filtré sur le contenu accablant du réquisitoire, parce qu’ils voulaient réserver la primeur de leur démonstration aux membres de la commission de la justice du Sénat. Leur contre-attaque médiatique n’en est pas moins radicale.

« J’ai lu le réquisitoire et le dossier répressif qui totalise une dizaine de milliers de pages, explique Me Causin. J’ai constaté qu’il y avait deux histoires. Il y a le réquisitoire qui raconte une histoire noire et le dossier qui raconte une histoire blanche. C’est un réquisitoire partial alors qu’on pouvait s’attendre à ce que le ministère public présente une vision objective du dossier. »

Selon Richard Fournaux et ses avocats, le substitut du procureur qui a rédigé le réquisitoire a carrément oublié des pans entiers du dossier. Ceux qui étaient favorables au sénateur-bourgmestre.

« Sur le fond, le réquisitoire évoque des faux et usages de faux sur tous les actes du collège qui ont mené à la désignation d’Accor comme concessionnaire du casino, c’est ridicule, s’insurge Richard Fournaux. Et si c’était le cas, alors ces faux doivent être reprochés à l’ensemble du collège de l’époque et à la secrétaire communale. » Avec ses avocats, Richard Fournaux s’emploie aussi à démonter les préventions de corruption et de trafic d’influence contenues dans le réquisitoire.

Mais surtout, ils veulent démontrer, une fois de plus, les pressions mises sur le dossier par les anciens concessionnaires du casino, évincés par la Ville, Camille et Philippe Mantia. « Ils veulent toujours la peau de Richard Fournaux », dit Me Causin.

Le rôle des Mantia

Copie d’auditions, extraites du dossier d’instruction, à l’appui, les deux défenseurs de Richard Fournaux expliquent comment les Mantia ont essayé d’alourdir la barque du sénateur-bourgmestre en « fabriquant » des témoignages. Il cite, notamment, le cas d’un employé licencié de la société de peinture de Richard Fournaux qui a été, selon ses dires – les pièces figurent dans le dossier –, approché par un avocat qui travaillait pour les Mantia au début de l’affaire. L’idée était de lui faire dire que la société de peinture n’avait pas obtenu gratuitement le chantier de remise à neuf des façades de l’hôtel Mercure d’Anseremme (Mercure, une enseigne Accor).

L’homme a fini par revenir sur ses déclarations et a dénoncé aux enquêteurs la tentative de manipulation. « Mais de cela, pas un mot dans le réquisitoire », s’étonne Me Remy.

Troublant. Les débats devant la chambre du conseil risquent d’être plus équilibrés que prévus.