Toujours aucune explication au refoulement de Walden Bello

GUTIERREZ,RICARDO

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Mardi 8 mai 2012

Frontières Le sociologue interdit d’accès au territoire

Pourquoi le député philippin Walden Bello, figure de l’altermondialisme, a-t-il été refoulé à la frontière, vendredi ?

La question restait sans réponse, lundi, la ministre belge de l’Intérieur renvoyant la responsabilité à l’Office des étrangers, qui se déclarait dans l’impossibilité de répondre à nos questions, le responsable du Service de l’Inspection des Frontières étant absent.

Annoncé samedi et dimanche au programme d’une conférence organisée, à Bruxelles, par le Transnational Institute et le Corporate Europe Observatory, le sociologue philippin Walden Bello, 66 ans, n’a jamais pu poser les pieds sur le territoire belge, malgré son passeport diplomatique. Le député philippin a atterri à Zaventem vendredi, à 9 h du matin, en provenance de Newark, aux Etats-Unis. Il présente son passeport diplomatique, qui lui a permis à plusieurs reprises d’accéder à plusieurs pays de la zone Schengen, mais des officiers de la police des frontières l’informent que la Belgique fait exception et exige un visa, en plus du passeport…

Les agents proposent eux-mêmes au sociologue d’introduire une demande de visa spécial auprès du ministre de l’Intérieur…

Au cabinet de la ministre, on ne semble guère au courant : « C’est l’Office des étrangers qui a dû être appelé à intervenir, sous l’autorité de la secrétaire d’Etat Maggie De Block ». On nous le confirme, à l’Office, mais « la personne responsable au Service de l’Inspection des Frontières est absente »… Il faudra attendre mardi pour en savoir plus.

Demande de visa refusée

Walden Bello explique qu’après trois heures d’attente, la police lui a annoncé que les autorités ont refusé la demande de visa… « Un des officiers m’explique même qu’il n’arrive pas à comprendre la raison du refus », témoigne le sociologue.

Entre-temps, l’ambassade des Philippines auprès de l’Union européenne est, elle aussi, entrée en action… Le service du protocole du ministère belge des Affaires étrangères se montre compréhensif, mais n’a d’autre choix, lui aussi, que de se plier au refus de l’Office des étrangers.

« J’étais juste là pour participer à une conférence… Il n’y avait aucune raison de me considérer comme une menace ou quelqu’un qui cherchait à s’établir en Belgique », regrette Walden Bello, prié, le jour même, d’embarquer sur un vol à destination de Chicago.

Pas de plainte, en fin de compte Walden Bello a tenu à réagir à son refus d’accès au territoire belge

Pas de plainte, en fin de compte

Walden Bello a tenu à réagir à son refus d’accès au territoire belge par une lettre ouverte, dont la teneur a évolué, ces deux derniers jours.

Dans une première version, dimanche, le député philippin dénonçait le « manque de respect » du ministre belge de l’Intérieur à l’égard de la République des Philippines, et annonçait son intention de déposer plainte à l’ambassade de Belgique, à Manille.

Une deuxième version, plus diplomate, datant de lundi, plaide pour « le respect mutuel et la coopération ».

Walden Bello y suggère la négociation d’un accord bilatéral avec la Belgique, afin d’assouplir les restrictions aux passeports diplomatiques.