Fukushima Un nouveau Tchernobyl « très improbable »

AFP

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Mardi 15 mars 2011

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a jugé lundi « très improbable » d’avoir un nouveau Tchernobyl à la centrale de Fukushima 1, où elle n’a aucune indication d’une fusion de réacteur pour le moment. « Il est très improbable que cet accident évolue vers (une situation) comparable à celle de Tchernobyl », a déclaré lundi le directeur général de l’agence onusienne, le Japonais Yukiya Amano.Le ministre japonais de la Stratégie nationale, Koichiro Genba, avait de son côté catégoriquement exclu lundi ce scénario : « Il n’y a absolument aucune possibilité d’un Tchernobyl », avait-il affirmé en s’appuyant sur les avis des experts de l’Agence de sûreté nucléaire.

L’AIEA n’a actuellement aucune « indication concernant une possible fusion de combustible » nucléaire dans les réacteurs de la centrale endommagée par le séisme et le tsunami de vendredi, a ajouté James Lyons, directeur du département de la sécurité des installations nucléaires au cours de la même conférence.

L’accident à la centrale ukrainienne, en 1986, est considéré comme l’accident nucléaire civil le plus grave de l’histoire. Il a été évalué au niveau 7, le plus élevé, sur l’échelle des événements nucléaires et radiologiques (Ines), tandis que l’explosion survenue samedi à Fukushima a atteint le niveau 4.

Enchaînement d’accidents

La crise n’a pas été causée par une défaillance humaine ou un défaut de fabrication, comme dans le cas de Tchernobyl, mais par « une immense catastrophe naturelle qui dépasse l’imagination », a indiqué M. Amano. Les réacteurs de la centrale japonaise se sont automatiquement arrêtés quand le tremblement de terre a eu lieu, a-t-il ajouté. Et la centrale de Tchernobyl ne disposait pas d’une enceinte de confinement, a-t-il rappelé.

Fukushima 1, à seulement 250 km de Tokyo, enchaîne les accidents, faisant craindre une fuite radioactive. Les systèmes de refroidissement sont tombés successivement en panne dans trois des six réacteurs de cette centrale datant des années 70. Après plusieurs opérations destinées à stopper un début de fusion, deux explosions de vapeur d’hydrogène se sont produites samedi et lundi au niveau des bâtiments abritant les réacteurs 1 et 3. Dans le bâtiment 3, l’explosion a soufflé lundi matin le toit, mais n’a pas affecté l’enceinte de confinement abritant le réacteur, a précisé l’exploitant, Tokyo Electric Power (Tepco). Un processus similaire s’est engagé autour du réacteur numéro 2, mais une forte explosion a été jugée improbable lundi par le gouvernement.

Le Japon a officiellement demandé à l’AIEA de lui envoyer des équipes d’experts pour l’aider à lutter contre la crise nucléaire à Fukushima.

La Commission européenne a de son côté demandé lundi la convocation d’une réunion extraordinaire de l’AIEA la semaine prochaine à Vienne. M. Amano a précisé que cette décision ne dépendait pas de lui, mais des pays membres de l’agence. (afp)