GATT: LA DERNIERE LIGNE DROITE

AFP

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Lundi 6 décembre 1993

GATT: LA DERNIÈRE LIGNE DROITE

La négociation du Gatt entre cette semaine dans le sprint final. La tension diplomatique est à son comble.

Aujourd'hui, les négociateurs américains et européens se retrouvent à Bruxelles pour tenter de surmonter les divergences qui subsistent entre eux sur les dossiers de l'Uruguay Round. S'ils réussissent, les négociations générales de Genève seront débloquées et un accord au Gatt pourrait sans doute intervenir pour la date limite du 15 décembre.

Chacun s'y est employé durant le week-end. Des tractations fiévreuses se sont déroulées dimanche toute la journée à Genève, mobilisant les délégations participant au Gatt afin de mettre la dernière main à un «projet d'accord global» qui devrait être présenté aujourd'hui à Bruxelles. Ce texte sera examiné par les ministres des affaires étrangères des Douze après d'ultimes tractations entre les deux négociateurs en chef, l'Américain Mickey Kantor, et le commissaire européen, sir Leon Brittan.

Le directeur du Gatt, Peter Sutherland, a quant à lui interrompu le flot continu de ses consultations pour effectuer un aller-retour pour Paris afin de rencontrer dimanche après-midi le Premier ministre français, Edouard Balladur.

Lançant un avertissement, M. Sutherland a déclaré qu'un échec des pourparlers euro-américains de ce lundi ouvrirait une crise très très grave. Peu avant de partir M. Sutherland avait rencontré les négociateurs américains qui l'ont informé sur l'état des négociations avec leurs homologues de la CEE. Le secrétaire d'Etat américain à l'Agriculture, Mike Espy, a déclaré qu'il espérait que le volet agricole pourrait être réglé lundi à Bruxelles.

Hugo Paemen, l'un des négociateurs de la CEE pour l'Uruguay Round, a passé lui aussi tout le week-end à Genève afin, a-t-il expliqué, de régler les difficultés qui subsistent avec son homologue américain Rufus Yerxa. Etats-Unis et CEE doivent trouver un terrain d'entente sur trois points. D'abord, l'accord agricole de Blair House dont la France, deuxième exportateur agricole mondial derrière les Etats-Unis, conteste certaines dispositions. Ensuite, l'audiovisuel où la France avec l'appui de plusieurs autres des Douze entend obtenir un régime d'exception pour protéger les productions européennes. Enfin, le maintien ou non par les Etats-Unis d'une législation antidumping très punitive malgré le renforcement des procédures de règlement des conflits commerciaux prévues dans l'Uruguay Round. (D'après AFP.)