GENERALE:LE RESULTAT DIVISE PAR TROIS LA FAUTE A QUI? LE PARTAGE DES RESPONSABILITES

DELVAUX,BEATRICE

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Mercredi 9 octobre 1991

GÉNÉRALE: LE RÉSULTAT

DIVISÉ PAR TROIS

Le résultat net est en chute d'un tiers. Mais les dirigeants gardent leur sang-froid. Et visent la rentabilité à moyen terme.

La rumeur n'a pas menti: les résultats de la Générale de Belgique sont mauvais. Le premier holding du pays annonçait en effet hier une chute d'un tiers de son résultat net qui passe de 7,5 milliards au premier semestre 1990 à 4,8 milliards au premier semestre 1991. Une chute qui va de pair avec une très forte baisse du résultat courant (9,2 millards en 1989, 4,6 milliards en 90 et 1,5 milliard en 91) mais avec une hausse du résultat exceptionnel (de 2,9 milliards en 90 à 3,3 milliards en 91). Normal sans doute pour un groupe dont les six premiers mois ont davantage été composés de cessions que d'investissements, le tout sur fond de crise économique.

L'annonce de ces chiffres a été faite avec self control par le duo Davignon-Mestrallet à la tête de la Générale. C'est clair, ces mauvais résultats sont en grande partie le fait du secteur «non ferreux». Hors Acec-Union minière en effet, le résultat courant progresse. Mais les dirigeants assument tout à fait cette mauvaise passe: primo, l'effritement des cours du zinc en est en grande partie responsable et, secundo, l'éclaircie devrait pointer suite au programme de restructuration du nouveau management. Nous l'appuyons tout à fait car il devra mettre Acec-Union minière dans une meilleure position compétitive et lui permettre de profiter de la reprise, s'il y en a une. En dehors du cas Acec-UM et de l'impact encore présent de la CMB désormais vendue, les résultats, concluent les deux dirigeants, sont corrects et même assortis de quelques bonnes nouvelles: la rapidité d'exécution du plan de désinvestissement, les progrès des résultats de la maison mère, l'assainissement spectaculaire de la structure financière du groupe (les dettes ne représentent plus qu'un quart des fonds propres), la simplification de la configuration du groupe, la réduction de la part de résultats cycliques.

Le second refrain du duo Davignon-Mestrallet insiste sur le fait que ces six premiers mois de 91 ont été consacrés à un programme à court terme de désinvestissements pour atteindre l'équilibre financier. Aujourd'hui que cela est acquis, la priorité est ailleure. Fini de vendre? Notre situation financière ne rend plus nécessaire d'autres désinvestissements. La priorité va à notre résultat courant et à la rentabilité à moyen terme. Nous travaillerons avec chaque filiale pour accroître assez vite son résultat courant. Nous avons dès à présent les bons atouts de départ: une situation financière saine et 11 milliards d'argent frais apportés par les actionnaires.

Pas question de donner des chiffres plus précis sur cette rentabilité, pas plus que sur les perspectives de résultats pour 91. Mais la baisse attendue des résultats exceptionnels laisse cependant entrevoir un résultat net inférieur au premier. Pas de quoi cependant faire pleurer les actionnaires puisque le vicomte Davignon leur fait dire qu'ils ne doivent en aucun cas être inquiets sur la capacité distributive de la Générale.

BÉATRICE DELVAUX

La faute à qui? Le partage des responsabilités

Les ventes se sont succédé au cours de ce premier semestre pour donner naissance à une Générale rééquilibrée, où l'industrie représente 42 % du total des filiales. Le résultat courant du groupe est en nette chute, tombé de 4,6 milliards au premier semestre 90 à 1,5 milliard au début de cette année 91. En voici la découpe par secteur.

Industries (Arbed, CBR, Gechem). Parti d'un résultat de 480 millions au premier semestre 90, ce secteur dépasse légèrement le milliard pour la même période de 91. Si le cimentier CBR enregistre une baisse de ses résultats, il réalise malgré tout une performance remarquable étant donné la déconfiture de ses concurrents. Le sidérurgiste Arbed est confronté à une situation mondiale difficile, sa contribution aux résultats est donc en recul. Gechem a souffert d'une mauvaise conjoncture américaine et le rachat de Foamex a pesé sur ses résultats. E. Davignon précisait qu'il était peu probable que Gechem exerce son option d'achat de 49 % sur Foamex. Il s'est également déclaré surpris que l'on revienne un an après et alors que la situation légale est claire sur les modalités de la vente par Gechem de l'armurier PRB au britannique Astra.

Non ferreux (Acec-Union minière, Sibeka). Là, pas de doute, le recul est spectaculaire, avec un écart de quatre milliards entre le premier semestre 90 (2,9 mds de résultats) et la même période de 91 (-1,1 milliard). En cause, l'effritement des cours du zinc (1.000 dollars la tonne) mais la restructuration est en cours.

Services (Tractebel, CIB). Les résultats sont en recul de 2,3 à 1,6 milliard. Ce secteur aujourd'hui uniquement composé de Tractebel a encore encaissé durant le premier semestre l'effet négatif de la très cyclique Compagnie maritime de Belgique (CMB), aujourd'hui cédée.

Services financiers (Générale de banque, AG). Les résultats courants sont ici en légère progression (de 1,047 à 1,159 milliard), dopés par l'effet Générale de banque et l'impact positif de la fusion AG-Amev dans l'assurance. Les AG et la Générale de banque ont entamé une étude approfondie sur de possibles synergies.

La maison mère. En raison d'un certain programme de désinvestissements, dont la cession des actions CGE-Alsthom, la maison mère a réduit fortement sa contribution négative aux résultats, passant de -2,1 à -1,2 milliard.