GENERALI ET AGF-ASSUBEL SUR LA PISTE DU MARIAGE

REGNIER,PHILIPPE

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Mardi 14 octobre 1997

Generali et AGF-Assubel

sur la piste du mariage

L'Italien Generali veut s'offrir les Assurances générales de France. Ricochet : le monde de l'assurance belge entre à nouveau en ébullition.

La concentration du paysage belge de l'assurance pourrait bientôt se poursuivre, avec le regroupement des compagnies AGF-Assubel et Generali Belgium.

Ce rapprochement devrait avoir lieu si l'offre publique d'achat lancée lundi sur le français AGF, propriétaire en Belgique d'AGF-Assubel, par la maison mère de Generali Belgium, l'assureur italien Assicurazioni Generali, réussit (lire ci-dessous).

D'après les chiffres d'affaires réalisés en 95 et 96, AGF-Assubel et Generali Belgium occupent, respectivement, les 4e et 13e places du marché belge de l'assurance, derrière Fortis (AG et CGER-Assurances), la Royale Belge et (l'atypique) Smap.

Ensemble, les deux sociétés, qui emploient au total environ 3.000 personnes, devraient afficher quelque 8,5 % de parts de marché en Belgique, avec 41 milliards de FB de primes récoltées, en 96, dans le royaume et au Luxembourg (dont 10 milliards pour Generali).

AGF-Assubel est déjà le fruit du rapprochement d'AGF Belgium et d'Assubel, après que les Assurances générales de France eurent pris, en 94, le contrôle intégral d'Assubel en reprenant la participation du belge AG (Fortis).

LA ROYALE BELGE A ÉTÉ VISÉE

Pour Generali Belgium, présent depuis 1901 en Belgique, l'OPA annoncée par sa maison mère permettrait d'enfin concrétiser sa volonté de croissance en Belgique - la compagnie a même songé à acquérir la Royale Belge, nous a révélé hier son administrateur-directeur général, Roberto Grandi, avant qu'Axa-UAP n'annonce, il y a un mois, que sa filiale belge n'était pas à vendre. L'avenir de la Royale Belge avait fait l'objet d'intenses spéculations après la fusion-absorption de sa maison mère française UAP par sa compatriote Axa, propriétaire d'Axa Belgium.

Un rapprochement (entre Generali Belgium et AGF-Assubel) a beaucoup de sens sur le papier, naturellement, nous a précisé M. Grandi. Il me semble inévitable, si l'OPA était couronnée de succès, que quelque forme de rapprochement aura lieu. Le patron de Generali Belgium a déjà une idée quant à la forme que pourrait prendre ce rapprochement, mais refuse d'en faire part avant l'aboutissement de l'opération italo-française.

«UNE CONTRE-OPA POSSIBLE»

M. Grandi estime encore qu'un regroupement de Generali avec AGF-Assubel, bien implanté au nord du pays (avec AGF-L'Escaut), renforcerait très fortement la couverture géographique du pays. Les réseaux de distribution se compléteraient également et Generali rééquilibrerait son portefeuille d'assurances, plus important en assurances dommages qu'en vie. Hormis les frais pour optimaliser les possibilités ainsi offertes, un rapprochement ne devrait pas avoir de coût pour Generali Belgium, affirme son directeur général.

Chez AGF-Assubel, le ton, attentiste, est d'autant plus prudent que c'est le «cadet» Generali Belgium qui semble avoir les cartes en main. On imagine que Generali est intéressé par le marché français, mais il pourrait y avoir des conséquences en Belgique par ricochet, commente Jean-Charles Freimüller, administrateur délégué de la compagnie. Et des contre-offres (à celle de Generali) sont toujours possibles... A Londres, des rumeurs de marché faisaient état d'une contre-offensive possible de Commercial Union - rumeurs que le groupe britannique refusait de commenter.

PHILIPPE REGNIER