GOUVY Le collège attend les précisions du gouvernement Six cents demandeurs d'asile dans l'ancienne base de Bovigny ? Quatre autres communes accueillent des centres

DRUEZ,NICOLAS

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Vendredi 27 octobre 2000

GOUVY Le collège attend les précisions du gouvernement Six cents demandeurs d'asile dans l'ancienne base de Bovigny ?

L'ancienne base militaire de Bovigny (Gouvy), fermée définitivement le 31 mars 1997, se transformera-t-elle bientôt en mégacentre d'accueil pour les demandeurs d'asile ? Toujours est-il que ce dépôt de l'Otan bâti entre 1965 et 1973 figure sur la liste des centres ouverts que le gouvernement fédéral compte créer («Le Soir» du 26/10), en vue d'y héberger des candidats réfugiés. L'Etat fédéral se chargerait de sa gestion.

L'information a fait l'effet d'un coup de tonnerre dans cette entité de 4.500 habitants, où l'on se remet à peine du rebondissement intervenu lundi pour la cons- titution de la nouvelle majorité. En tout cas, jeudi, le bourgmestre Jean Bock était bien en peine de donner des précisions sur le projet de Johan Vande Lanotte. Nous attendons des éclaircissements du ministre de l'Intégration sociale avant de nous prononcer , expliquait-il. Le conseil communal va être convoqué et se réunira début novembre pour débattre de ce sujet. Nous sommes aussi en contact avec le gouverneur.

On l'aura compris, le premier des Gouvyons préfère pour l'ins- tant jouer la carte de la prudence plutôt que de précipiter les choses. Tout juste tient-il à ajouter qu'il existe de sérieures pistes de reconversion pour le domaine militaire.

En effet, il est prévu que le site soit réaffecté en zone d'activités économiques mixtes. Les 63 hectares seraient partagés entre des PME à rayonnement communal et régional et des industries. Les deux pôles se différencient surtout en termes de nuisances. Dans le domaine réservé aux industries, l'investisseur aurait également la possibilité de (re)construire. La place ne manque pas, le dépôt comptant pas moins de 42 halls (d'une superfice de 38.000 m 2) et divers bâtiments administratifs.

Le dossier, qui est entre les mains de l'intercommunale Idélux, a certes progressé depuis le départ des derniers militaires, mais Gouvy n'est toujours pas propriétaire de la base. Le maître des lieux demeure encore la Défense nationale, ce qui lui a permis de mettre ce vaste terrain à la disposition du gouvernement. L'ouverture d'un mégacentre est-elle de nature à contrecarrer le développement économique de l'endroit ? Pas nécessairement, se contente de dire le mayeur.

Quoi qu'il en soit, ce n'est pas la première fois que Bovigny suscite la convoitise puisque, il y a trois ans, l'Ondraf (Organisme national des déchets radioactifs et des matières fissiles) avait déjà songé à y entreposer des déchets faiblement radioactifs.

NICOLAS DRUEZ

Quatre autres communes accueillent des centres

Le Luxembourg abrite actuellement quatre centres pour demandeurs d'asile. Le point.

Arlon. Depuis 1999, 75 places ont été ouvertes dans l'ancienne caserne Léopold. Le ministère des Affaires sociales assure la gestion du site.

Erezée. Fin 1998, l'Union nationale des Mutualités socialistes a mis son centre de revalidation pour personnes âgées à la disposition du gouvernement fédéral. Quarante-cinq candidats réfugiés sont hébergés en permanence dans l'établissement «Belle vue».

Rendeux. En décembre 1998, 150 réfugiés - en majorité des familles - ont progressivement débarqué dans l'ex-complexe touristique Vakantiegenot, qui a été loué pour neuf ans à la Croix-Rouge.

Virton. L'ancien pensionnat des soeurs accueille 75 personnes. Les premières sont arrivées il y a un an. Tout comme à Arlon, c'est le ministère des Affaires sociales qui en a la responsabilité.

N. D.