Le tourisme de la roche est lancé

MARECHAL,GISELE

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Samedi 7 janvier 2012

Hainaut Le géoparc du bassin de Mons prend forme

Des poissons cuirassés ont vécu à Wihéries voilà 400 millions d’années. Des champsosaures, ancêtres du crocodile, ont hanté Erquelinnes. Et l’ambre de Leval nous permet de faire connaissance avec 50 espèces d’insectes méconnus. Toutes ces richesses emprisonnées dans nos sols, nos sous-sols vous intéressent ? Bienvenue dans le géoparc du bassin de Mons ! Une création de l’asbl Malogne et de l’Umons (Polytechnique) qui se sont donné pour mission de vulgariser localement la géologie et la roche dans tous ses états.Thierry Mortier et son équipe y croient dur comme fer : ils donnent le jour à un atout majeur de cette région du Hainaut, qui va de Soignies à Erquelinnes, et de Bernissart à Thuin. « Dix-neuf communes situées dans le périmètre, acceptent de jouer le jeu, confie le coordinateur de l’asbl Malogne. Dans un premier temps, elles peuvent faire la publicité du géoparc grâce à des panneaux indicateurs mentionnant notre double logo du tourisme scientifique et de la géologie. Via leurs syndicats d’initiative, elles peuvent inviter le public à des visites guidées. D’ici à un mois si tout va bien, les communes pourront aussi proposer au public de se procurer à prix coûtant, notre premier ouvrage sur le géoparc : orienté sur la géologie et le métier de géologue, il sera suivi de 5 autres éditions sur les itinéraires de

tourisme de la roche. »

La roche ! Le bassin de Mons présente une diversité incroyable. « Prenez l’exemple du petit granit de Soignies. Fruit de la fossilisation de crinoïdes, animaux de la famille des oursins. On peut voir ces petits animaux sur la pierre, visiter une carrière, apprendre les techniques de l’extraction, mais aussi voir à quel point la pierre bleue a façonné le patrimoine architectural de la région. »

La roche, génératrice d’énergie. « Le charbon fit de la Wallonie la deuxième puissance économique au monde au 19è siècle. Les terrils ont naguère conféré au Borinage et au Centre, une réputation de régions noires. Mais sur les cartes de Google, ces régions sont au contraire verdoyantes, recolonisées par la faune et la flore ! », s’enthousiasme Thierry Mortier qui nourrit un espoir : « que le géoparc du bassin de Mons fasse un ensemble transfrontalier avec les français de l’Avesnois, de la Scarpe-Escaut, de caps et marais d’Opale, et le hainuyer des plaines de l’Escaut. »

Gros plan

Les trésors régionaux

À Hensies, l’ingénieur Godfriaux a découvert les dents des premiers mammifères ayant vécu en Europe occidentale.

Merbes-le-Château possède des carrières de marbre de Ste-Anne, gris veiné de blanc. La gare d’Anvers en est pavée, de même que le hall du cabinet de l’échevin montois des travaux.

À Binche (Battignies), a été trouvée une hache en jade, roche importée d’une région de montagne. L’outil témoigne de voies de communication naguère empruntées.

La géothermie. Outre ses applications énergétiques à St-Ghislain, on peut admirer la fontaine bouillante à Stambruges.

Et les mines de cuivre et d’azurite à Croix-lez-Rouveroy et Givry !