Hal : l’Europe réfute les accusations

n.c.

Mardi 16 février 2010

Les accusations visant un prétendu retard induit par les normes européennes de signalisation, dans le cadre de la catastrophe ferroviaire de Buizingen, ne sont pas fondées car l’Europe ne peut imposer la manière avec laquelle les Etats membres gèrent leur sécurité ferroviaire, s’est défendu l’exécutif européen.

Au lendemain de la catastrophe ferroviaire de Hal, la compagnie de chemin de fer belge SNCB, critiquée pour sa lenteur à généraliser les systèmes d’arrêt d’urgence, a accusé la Commission européenne d’en être la cause, s’attirant mardi une sèche réfutation.

La polémique sur les responsabilités du drame qui a fait lundi 18 morts et des dizaines de blessés n’a pas tardé à enfler, mettant aux prises le gestionnaire du réseau, Infrabel, la compagnie nationale qui l’exploite, la SNCB, ses agents et syndicats, et… l’Union européenne.

Y a-t-il eu erreur humaine, panne technique ou combinaison des deux ? Le soupçon s’est répandu dès lundi soir qu’un sous-investissement dans la sécurité du réseau ferroviaire belge pourrait être autant à blâmer dans cette tragédie qu’une faute individuelle.

Luc Lallemand, le patron d’Infrabel, gestionnaire du réseau ferroviaire belge, a souligné que le train soupçonné d’avoir grillé un feu rouge n’était pas équipé du système qui l’aurait automatiquement arrêté. Pour lui, la collision « aurait » donc « pu être évitée ».

Du coup, l’entretien des voies par Infrabel n’étant a priori pas mis en cause, les regards se sont tournés vers l’opérateur, la SNCB.

Le président de la SNCB, Marc Descheemaecker, a alors mis en cause les lenteurs du processus d’harmonisation des règles européennes sur le freinage automatique pour expliquer que ce système ne devait être mis en place que progressivement sur le réseau ferré belge de 2006 à 2013.

Une version des faits qui n’a pas été du goût de la Commission européenne.

Des accusations infondées

« Les accusations qu’on a lues ce matin » dans la presse belge « ne sont pas du tout fondées », a affirmé le porte-parole du commissaire européen au Transport Siim Kallas, Mme Helen Kearns.

Selon un expert des questions de transport de la Commission, « nous n’avons absolument pas empêché l’Etat belge ou la SNCB de s’équiper d’un système national de sécurité ».

Le « raisonnement » de la SNCB « ne tient pas la route », a-t-il assuré, « car la Commission européenne n’est pas impliquée dans la décision concernant le matériel de sécurité embarqué à bord des trains. C’est une décision nationale », a-t-il insisté.

La SNCB pourtant persiste et signe. « L’Union européenne a décidé d’une norme puis en a changé pour une autre. De ce fait la SNCB et Infrabel (le gestionnaire du réseau, ndlr) ont décidé d’adopter la norme la plus performante, qui permette aux trains belges de rouler dans les autres pays en reconnaissant les systèmes d’arrêt d’urgence en vigueur chez eux », a déclaré à l’AFP un porte-parole de la SNCB, Anne Woygnet. « Cela évidemment a contribué au retard dans l’installation de ces systèmes », a-t-elle dit, tout en reconnaissant qu’ » il y avait eu par ailleurs un retard dans les investissements ».

Mme Kearns a indiqué que depuis lundi les services du commissaire Kallas collaboraient « étroitement avec les autorités belges » à l’enquête, alors que le parquet de Bruxelles a annoncé que les boîtes noires des deux trains venaient d’être retrouvées.

AFP