HELMUT KOHL LANCE SA CAMPAGNE ELECTORALE EN RDA

AFP

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Samedi 25 août 1990

Helmut Kohl lance sa campagne électorale... en RDA

L'heure de savourer l'unification prochaine

Le chancelier ouest-allemand Helmut Kohl a mis, hier, à Berlin-Est son poids de futur premier chef de gouvernement de l'Allemagne unie dans la campagne des conservateurs de RDA pour les scrutins de l'automne. Au lendemain de la décision historique de la Chambre du peuple - parlement unicaméral est-allemand - fixant, après bien des atermoiements, au 3 octobre l'adhésion de la RDA à la RFA, M. Kohl a participé à une réunion du groupe parlementaire de son parti frère de l'Est, l'Union chrétienne-démocrate - CDU - du Premier ministre Lothar de Maizière.

Le ministre ouest-allemand des Affaires étrangères, Hans-Dietrich Genscher, avait fait de son côté le voyage de Berlin-Est, où il a rencontré M. de Maizière, également responsable de la diplomatie de RDA, et participé à une réunion de la direction de son parti libéral.

M. Kohl a annoncé qu'il allait prendre part à douze rassemblements électoraux durant la campagne pour les élections des diètes régionales qui doivent se dérouler le 14 octobre dans les cinq Länder - Etats fédérés - recréés sur le territoire de la RDA. Je suis content de pouvoir réellement engager le combat avec le SPD - parti social-démocrate -, qui a quitté la coalition gouvernementale est-allemande dimanche, a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse dans l'enceinte de l'ancien pouvoir communiste, l'ex-bâtiment du Comité central du SED - parti communiste - devenu «maison des parlementaires».

Il n'y a aucun doute que l'unification allemande va en elle-même considérablement accélérer le redressement de l'économie de la RDA, a encore assuré le chancelier fédéral. Tout en reconnaissant que des problèmes comme le chômage, la criminalité, l'adaptation à l'économie de marché ne seraient pas faciles à résoudre, Helmut Kohl a alors fait part du sentiment étrange que lui inspire l'idée selon laquelle nous surmonterions en huit semaines quarante ans d'économie socialiste à planification centralisée.

Mais l'heure, à l'évidence, est à l'optimisme: Le simple fait qu'une date ait été fixée va rassurer dès à présent les investisseurs internationaux et nationaux, a ajouté, rayonnant, celui qui est d'ores et déjà assuré d'être le premier chancelier de l'Allemagne unie entre le 3 octobre et les élections générales allemandes prévues pour le 2 décembre. Bien entendu, cela va à l'encontre de l'atmos-phère dépressive qu'apprécient particulièrement les sociaux-démocrates, dans l'opposition à Bonn comme Berlin-Est, a poursuivi M. Kohl. Avant de poursuivre: Nous allons nous employer à démentir leurs sombres pronostics. Le challenger social-démocrate de M. Kohl pour la chancellerie de l'Allemagne unie, Oskar Lafontaine, répète à l'envi que le coût de l'unification allemande a été volontairement sous-estimé par les conservateurs pour ne pas effrayer le contribuable ouest-allemand.

Le chef du gouvernement de Bonn a encore expliqué qu'il avait voulu remercier les élus chrétiens-démocrates est-allemands pour avoir participé selon lui de manière décisive à l'une des plus belles aventures de l'histoire contemporaine: l'unification sans guerre, sans révolution sanglante.

Pour sa part M. Genscher s'est entretenu pendant une heure avec M. de Maizière à propos de la prochaine, et théoriquement dernière, conférence «2+4» qui réunira à Moscou le 12 septembre les vainqueurs du nazisme (Etats-Unis, URSS, Grande-Bretagne, France) et les deux Etats allemands pour débattre des aspects extérieurs de l'unification allemande. Il a ensuite participé à une réunion de la direction du parti libéral, qui s'est unifié il y a deux semaines, consacrée au programme du FDP pour les élections générales allemandes du 2 décembre. (D'après AFP.)