Le grand atlas de Ferraris est consultable par tous

MEUWISSEN,ERIC

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Jeudi 14 mai 2009

Histoire La première carte moderne de notre pays vient d’être éditée

Et si votre maison était construite sur un ancien marais ? Pour en avoir le cœur net, il vous suffit de consulter l’Atlas de Ferraris, soit « le premier atlas de la Belgique (1777) ». Les arbres, les moulins, les fermes, les croix… tout y est répertorié avec minutie. Et peut-être même pourquoi pas votre maison, pour peu qu’elle date du XVIIIe siècle.

Ce document historique unique est désormais disponible dans le commerce (1). Une publication qui fait figure d’événement tant par l’ampleur du projet éditorial que par les dimensions et le poids (11 kg !) peu commun de l’ouvrage.

L’atlas topographique reprend les 275 cartes « levées à la planchette » et à la chaîne d’arpenteur par l’équipe du comte de Ferraris.

Cette carte de Ferraris passait alors pour la première carte moderne (c’est-à-dire établie sur des opérations mathématiques exactes de notre pays). C’est la première représentation cartographique à grande échelle de l’ensemble de toutes nos provinces. Bref une œuvre remarquable qu’il vous est désormais loisible de posséder dans votre bibliothèque.

Certes les amateurs disposaient déjà du fac-similé réduit sous forme de fardes séparées des cartes de Ferraris édités entre 1965 et 1976 à l’échelle 1/25.000 par le Crédit Communal. Mais dans l’édition dont il est question ici, l’échelle est désormais de 1/20.000 et les cartes sont donc beaucoup plus lisibles car elles ont bénéficié d’un meilleur support et des dernières techniques de reproduction. Les originaux dessinés à la main ont été scannés en haute résolution avec les appareils les plus perfectionnés. C’est tellement détaillé que l’on peut parfois distinguer si le moulin local était par exemple en bois ou en pierre.

La carte est d’autant plus intéressante qu’elle a cliché les paysages du pays juste avant les grandes mutations liées à la révolution industrielle, au développement des villes et au réseau routier.

L’ouvrage fera le bonheur d’une foule de chercheurs en histoire locale, en toponymie… mais aussi de tous ceux qui veulent tout simplement se rendre compte de comment se présentait leur « coin de vie » il y a 230 ans.

Une exposition a été montée pour la circonstance au palais de Charles de Lorraine qui fait partie de la Bibliothèque royale.

(1) Editions Lannoo/Racine en collaboration avec la bibliothèque royale.

608 pages. 40,5 cm x 51 cm.

Le tout emballé dans une boîte

en carton imprimée avec poignée.

Prix de lancement 129 euros jusqu’au 30 juin et 150 euros ensuite.

Consultation gratuite sur internet : http://belgica.kbr.be

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Un Lorrain pointilleux

Le général Joseph Jean comte de Ferraris est lorrain, né en 1726 et mort en 1814. Il se distingua dans plusieurs batailles et fut gouverneur militaire de Termonde. Il s’intégra tout à fait aux Pays-Bas autrichiens suite à son mariage en 1776 en la collégiale de Sainte-Gudule avec la comtesse Marie Henriette d’Ursel, membre de l’une de nos anciennes familles patriciennes. Le comte de Ferraris commença par se faire la main « en levant » en 1768 une carte de la Forêt de Soignes ainsi que des domaines de Mariemont et de Tervuren. Fort du résultat de son travail, il obtint l’autorisation en 1770 de l’impératrice Marie-Thérèse de dresser la carte des Pays-Bas autrichiens. Bien secondé par ses « artilleristes », il termina la série complète en 1777.

Cassini, l’auteur de la grande carte de France, ne cachait pas son admiration pour l’exactitude de la carte de Ferraris. (E.Mn.)