HISTOIRES DE BETES Les vautours traînent une sale réputation

ASSOCIATED PRESS

Samedi 31 juillet 1999

HISTOIRES DE BÊTES Les vautours traînent une sale réputation

Depuis le mythe du supplice de Prométhée - attaché à son rocher et auquel un vautour venait chaque jour dévorer le foie -, ce rapace jouit d'une réputation peu flatteuse, voire carrément détestable! Il est ainsi devenu un héros de western incontournable mais peu recommandable... Derrière l'image d'Epinal, se profilent pourtant d'autres vautours, y compris dans le ciel d'Europe.

Le terme de vautour désigne en fait plusieurs espèces de rapaces charognards diurnes, vêtus d'un plumage souvent terne et caracterisés par leur tête et leur cou déplumés. Leurs ailes sont longues et larges et leur bec puissant peut dépiauter toute carcasse trouvée sur leur chemin.

ESPÈCES D'ICI ET D'AILLEURS

Ces grands rapaces vivent souvent plusieurs dizaines d'années. L'ensemble des vautours de l'Ancien Monde appartiennent au large groupe des accipitridés (qui comprend plus de 220 espèces parmi lesquelles, par exemple, les aigles ou les éperviers), tandis que ceux des Amériques forment la famille des cathartidés, qui inclut le grand condor (jusqu'a 3,20 m d'envergure), l'urubu ou le vautour pape.

Sur le Vieux Continent, outre les représentants européens, l'un des plus grands est le vautour de l'Himalaya, qui peut mesurer près de 3 m d'un bout de l'aile à l'autre. Parmi les espèces qui cohabitent en Europe occidentale, le vautour fauve atteint également une envergure respectable d'environ 2,70 m, pour un poids de 8 à 10 kilos. Récemment réintroduit en France, dans les Pyrénées et les Causses, cet éboueur de la nature fidèle à sa mission ne tarde jamais à venir, de préférence en groupe, se repaître d'une carcasse de mouton ou de chèvre. Nichant fréquemment sur une corniche ou dans une grotte, au-dessus d'une plaine ou d'une vallée montagnarde, le vautour fauve vit en couple; Monsieur et Madame se relaient ainsi pour couver leur oeuf unique pendant une cinquantaine de jours, une fois par an. Subsistant en Espagne et en Grèce, le vautour moine - un très bel oiseau au plumage brun sombre, qui peut atteindre 2,90 m d'envergure - établit plutôt son nid dans des arbres mesurant entre 5 et 30 m de haut, pins sylvestres ou chênes verts par exemple. Plus petit que ses deux cousins évoqués ci-dessus avec son 1,80 m d'envergure, le vautour percnoptère - ou vautour d'Egypte - présente pour sa part un plumage noir et blanc à tête jaune. Amateur de chaleur, ce rapace migrateur s'en va chaque année passer l'hiver en Afrique, où il fait montre de ses talents: il est en effet réputé pour son habileté à casser les oeufs des autruches, dont il est friand, avec des cailloux qu'il jette avec son bec. Enfin, le gypaète barbu - vautour atypique puisqu'il est le seul vautour à avoir la tête et le cou largement emplumés -, est également l'objet d'attentions visant à éviter sa disparition en Europe. Une petite trentaine de couples luttent ainsi contre chasseurs irresponsables ou lignes électriques à haute tension dans les Pyrenées et les Alpes. (AP.)