Idées neuves pour redynamiser le commerce bruxellois Les boutiquiers retournent sur les bancs de l'école «Fini les braderies ringardes...» «Il faut vendre Bruxelles!» «Une opportunité de se moderniser»

D'HAEYER,AURORE

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Mardi 5 octobre 1999

Idées neuves pour redynamiser le commerce bruxellois Les boutiquiers retournent sur les bancs de l'école

L e commerce est un vecteur de développement et de sécurité pour les quartiers , affirme Francine Werth, secrétaire générale des Vitrines de Bruxelles. Dès que le commerce éternue, toute la ville s'enrhume, en quelque sorte... Partant de cette idée, et d'un constat de morosité commerciale, les Vitrines - qui fédèrent une quarantaine d'associations, soit 5.000 commerces - ont proposé au gouvernement bruxellois de redynamiser le commerce à Bruxelles... en renvoyant les commerçants sur les bancs de l'école.

En 1998, quand la Région a lancé douze «contrats de noyau commercial» alors que Bruxelles compte 119 noyaux commerciaux, les autres se sont dit: «Et nous?», raconte Francine Werth. Nous soutenons évidemment cette mesure, mais nous la jugeons insuffisante car toutes les associations commerçantes doivent pouvoir se développer, y compris celles considérées comme riches. Nous avons donc eu l'idée de développer le professionnalisme des commerçants par une formation, forcément ad hoc puisqu'elle émane d'une volonté des membres de notre fédération.

Tous les présidents d'association, qu'ils soient ou non affiliés aux Vitrines, sont les bienvenus sur les bancs de l'Infac qui accueillera ces élèves un peu particuliers. La première session de cours, prévue du 5 octobre au 5 novembre, a d'ores et déjà fait le plein d'élèves. Comment attirer la bonne clientèle - il faut comprendre la clientèle prête à dépenser sans compter - comment établir des alliances efficaces, comment être attractif, sont autant de questions auxquelles tenteront de répondre les professeurs afin que les commerçants puissent passer à l'action. Ensuite, libre à chacun des présidents d'association de répercuter leur savoir fraîchement acquis à leurs membres.

Le nombre de places étant limité à 20 personnes, la seconde session de cours qui débute en janvier 2000 est déjà presque complète.Pourtant, Francine Werth reconnaît que les commerçants sont souvent frileux par rapport à ce genre d'initiative: Ce n'est pas qu'ils ne veulent pas se remettre en cause, mais, plutôt, ils n'ont pas envie que cela se sache.

AURORE D'HAEYER

Renseignements et inscriptions auprès de Francine Werth. Tél.: 02/743.83.90.

«Fini les braderies ringardes...»

Réginald De Laveleye, cadre dans une banque, préside depuis trois ans le centre commercial Georges Henri à Woluwe-Saint-Lambert. Aucun commerçant ne peut dire qu'il connaît tout, avoue l'homme. Ce genre de recyclage est nécessaire pour sortir de la routine qui s'installe avec le temps, et pour redynamiser le quartier avec des idées neuves. Les braderies, à la longue, c'est un peu ringard...

Parce qu'elle est dans une commune dite «riche», l'association n'était pas prioritaire pour un contrat de noyau commercial. Mais ce n'est pas pour autant que le commerce se porte bien tout le temps. Le problème des commerçants, c'est qu'ils sont souvent égoïstes. Les plus jeunes sont plus motivés et dynamiques, plus à même d'apprécier l'initiative des Vitrines de Bruxelles. En allant aux cours, je vais pouvoir transmettre des conseils novateurs à ceux qui se lancent dans les affaires. Je prépare le terrain pour les générations futures, a conclu Réginald De Laveleye dans un clin d'oeil.

A. D'H.

«Il faut vendre Bruxelles!»

L e succès des cours prouve qu'il y avait un manque à combler! Bernard Van Schrieck, vendeur de jouets dans la galerie Louise, fait partie des élèves enthousiastes. Ici comme ailleurs, nous sommes confrontés à une concurrence internationale importante. Il suffit de voir dans tout Bruxelles le nombre d'affiches qui vantent les magasins de Roubaix, les publicités radio qui incitent à voyager en train vers Paris ou Amsterdam: en une heure on y est, mais on ne voit pas de pub pour voyager dans l'autre sens! Les cours vont nous permettre d'être à la pointe, de mieux se vendre sur le marché international et de mieux se défendre par rapport aux pouvoirs publics.

Regrettant que les récents scandales aient réduit le flot des touristes, et la fréquentation des commerces bruxellois, Bernard Van Schrieckest persuadé que les cours sont nécessaires pour combler une carence: Bruxelles ne met pas suffisamment en évidence ses atouts. On doit pouvoir mieux vendre notre capitale!

A. D'H.

«Une opportunité de se moderniser»

La «Ligue des commerçants Ixelle Centre-Flagey» est une des rares associations à posséder un contrat de noyau commercial. La formation est dans la continuité des facilités offertes par la Région, explique le président Raymond Coduys. Nous voulons aussi profiter de ce qui se fait ailleurs, des expériences pilotes menées en France ou à Charleroi, par exemple. Je pense notamment à la conférence «Vitrines de Nancy» qui s'était tenue en France il y a trois ans et qui nous a donné l'idée de décorer les vitrines vides ou abandonnées.

Les commerçants de la place Flagey et ses environs se préparent à trois ans de grands travaux, ce qui implique un risque de perte de fréquentation du site. Mais ces travaux ne doivent pas nous empêcher de trouver des solutions à la morosité ambiante. Nous devons prendre la balle au bond et participer aux cours tant qu'on nous en offre la possibilité.C'est une véritable opportunité de prendre le train de la modernité en marche.

A. D'H.