IL PEUT LE DIRE Buste en bronze de Joseph Lambeaux

n.c.

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Jeudi 14 mai 1998

IL PEUT LE DIRE Buste en bronze de Joseph Lambeaux

Jef (Joseph) Lambeaux naquit le 14 janvier 1854 d'un père wallon et d'une mère flamande. A l'académie de sa ville natale, il suivit les leçons de Geefs - qui, devant les humeurs de son élève, le traitait de «poulain enflammé». A 22 ans, Jef Lambeaux séjourne à Paris avec le peintre anversois des élégantes, Jan van Beers. En 1882, il voyage en Italie où il multiplie les croquis dans les musées et les églises. Et pourtant, Jef Lambeaux, qui vécut donc au temps de Léopold II, n'est même pas cité dans la monumentale histoire de Belgique d'Henri Pirenne; de même, on chercherait en vain son nom dans le dictionnaire «Le Robert» ou le «Larousse».

Jef avait un confident, le peintre Ferdinand Georges Lemmers qui fit son portrait. Il eut également un autre ami: le peintre Victor Gilsoul. Lambeaux se rend souvent dans les musées et s'il y salue les tableaux de Rubens, il s'attarde, longuement, devant ceux de Jacques Jordaens. Et Jef de s'interroger: «Y a-t-il moyen de traduire dans le marbre et le bronze, la prodigieuse vitalité des personnages de Jordaens?»

Cette question, il ne se la posa pas d'emblée car au début de sa carrière, il est très féru de grâce et de charme à l'italienne comme son camarade Dillens.

En effet, Jef Lambeaux sculpte son «Baiser» et son admirable «Jeunesse». On imagine que toute sa vie durant, il réalisera des oeuvres aussi exquises, aussi délicates.

Mais, il y a Jordaens, les femmes de Jordaens, la truculence de Jordaens. Et il s'en donnera quand il créera le célèbre «Pavillon des passions humaines» au parc du Cinquantenaire.

Il nous donnera ses rieuses et somptueuses «Bacchantes ivres de vin», de danse et d'amour. Qu'on ne s'y trompe pas, la critique ne fut pas toujours tendre envers notre sculpteur... Sander Pierron, par exemple, qui faisait autorité, ne dissimulait pas sa réprobation: «L'art de Lambeaux est brutal et fougueux, d'un matérialisme grossier et tout à fait étranger à l'idéal. La chair y demeure chair et jamais l'âme n'y vient habiter.»

Verdict aussi injuste qu'expéditif car il prouve que Sander Pierron ne s'était jamais arrêté devant le beau buste de femme qu'exécuta Jef Lambeaux et auquel il donna le nom d'«Imperia».

Tandis que certains critiques s'acharnaient contre Jef Lambeaux, le roi Léopold II ne manquait jamais une occasion de lui manifester son admiration.

Le souverain appréciait particulièrement la fontaine du Brabo dont Lambeaux avait orné la ville d'Anvers... mais le regard du roi caressait aussi amoureusement les belles filles dont le sculpteur célèbrait la sensualité dans le bronze ou dans le marbre.

Le sculpteur avait nombre d'élèves dans son atelier et il se montrait exigeant envers eux.

En 1908, à l'âge de cinquante-six ans seulement, le grand artiste mourut à Bruxelles, miné par le travail et des problèmes d'argent - car ce qu'il gagnait, il l'avait déjà dépensé dix fois. Comment? En achetant des oeuvres d'art, en offrant de somptueux dîners à ses amis et des bijoux à celles qui faisaient battre son coeur...

S'il y a bien un artiste qui sera fasciné par les «Bacchantes» de Jef Lambeaux, c'est son cadet Rik Wouters à qui on devra, en 1912, la «Folle danseuse» dont le rythme endiablé ou mieux, dionysiaque, est comme un hommage rendu à Jef, au terrible Jef dont les audaces faisaient frémir de réprobation les Tartuffe en 1900, et d'enthousiasme Léopold II.

Dans le domaine de Mariemont, légué à l'État par son propriétaire Raoul Warocqué, on peut trouver différentes oeuvres de Lambeaux: La Triomphe de la Femme, L'Abondance et La Source.

Ouvrages de référence:

- «La vie quotidienne en Belgique sous le règne de Léopold II» par G. H. Dumont;

«Guide du parc et du musée de Mariemont»;

- «Histoire de la sculpture belge» par Jo Gérard (Edit. J.-M. Collet).

R. Richard, Namur, 5533;

J. Vanhese, La Louvière, 5542;

G. Fallyer, Bxl, 5525;

R. Dupret, Bxl, 5528.

Chanson:

«J'avais un camarade»

A l'origine, ce chant était chanté - en allemand - souvent en Indochine lors de l'enterrement d'un légionnaire, une majorité du corps expéditionnaire de la Légion étant d'origine allemande. Il existe par ailleurs une version scoute de ce chant.

1. VERSION DE LA LÉGION

J'avais un camarade,

[de meilleur, il n'en est pas,

Il n'en n'est pas,

Dans la paix et dans la guerre

Nous allions comme deux frères

Marchant d'un même pas (bis)

Mais une balle siffle, qui

[de nous sera frappé,

Sera frappé?

Le voilà qui tombe à terre

Il est là dans la poussière

Mon coeur est déchiré (bis)

Ma main il veut me prendre,

[mais je charge mon fusil

Oui mon fusil,

Adieu donc, adieu mon frère

Dans le ciel et sur la terre

Soyons toujours unis (bis)

2. VERSION SCOUTE

J'avais un camarade

Un bon vieux copain du clan,

Il est parti sans ambages;

Il n'est plus dans le sillage

De ses copains du clan. (bis)

Mon chant est une prière

Pour ceux-là qui sont errants;

Dans la vie en solitaires,

Traînés par une chimère

Loin des copains du clan. ((bis)

Un hymne d'espérance

Jaillit de mon coeur ardent

Et ma prière empressée

Ne peut être qu'exaucée,

Ils reviendront au clan.

Cette version scout est extraite du chansonnier de l'Association royale des boy-scouts de Belgique «Faïdoli» (Édit. Scouts du Pontia-Huy).

De Duytschaever, Bxl, 5558;

L. Donner, Bxl, 5576;

Philippart, Wemmel, 5568;

Desmet, Gd-Bigard, 5562;

A.R. Cohen, Bxl, 5560;

J. Bertrand, Bxl, 5555;

J. Devillez, Bxl, 5626;

R. Englebert,

Drogenbos, 5553;

R. Nitelet, Bertrix, 5551;

J. Dubuffet, Jambes, 5554.