IL y a quelques jours, un journal de Curaçao publiait des «finesses» pouvant se produire en fin de partie

VERLEENE,MAURICE

Mercredi 12 octobre 1988

IL y a quelques jours, un journal de Curaçao publiait des «finesses» pouvant se produire en fin de partie. Le chroniqueur en commentait lyriquement la beauté précisant que si cette forme de jeu ne produisait aucun effet chez le lecteur, celui-ci n'avait plus qu'à accrocher son damier à la plus haute branche d'un cactus !(sic). C'est notre regretté confrère néerlandais, Herman de Jongh, qui nous a appris la chose. Nos fervents du damier apprécieront ces quelques «finesses» qui ne proviennent pas des Antilles néerlandaises...

Du Parisien Henri Chilland: une dame noire à 50 et un pion à 38 contre une dame blanche à 26 et trois pions blancs à 39 - 44 et 45. Les noirs menacent de libérer leur dame par (38-43) et annuler, mais les blancs gagnent en jouant 26-48 (38-43) 45-40 (43-45) 48-39. La dame noire est enfermée et le pion bloqué.

Par le Néerlandais Van Tol: une dame noire à 46 et deux pions à 9 et 10 contre une dame blanche à 2 et trois pions à 19 - 23 - 25. Ce n'est pas profond, mais l'effet est étonnant: 19-13, les noirs ne peuvent jour (46-8) et perdent par 2-15, mais l'autre prise (9-29) est suivie par 2-24 (29-20) 25-5, enferment la dame!

Par l'ex-champion du monde Hoogland: un pion noir à 34 contre trois pions blancs à 20 - 35 - 44. Les blancs ne peuvent empêcher le pion 34 d'aller à dame, à moins d'offrir par 35-30, mais perdant alors par opposition. Et voici la suite de la partie: 20-15 (34-40) 44-39 (40-45) 35-30 (45-50) 30-24 (50-20) 15-24.

Les deux suivantes par K. Khalietski (Tachkent, U.R.S.S.) sont un peu plus complexes: trois pions noirs à 15 - 21 - 45 contre trois blancs à 11 - 18 - 44 et une dame à 36. Les blancs gagnent en jouant 11-7 (45-50) - voir variante A - 7-2 (50-4) 2-16 (directement 2-13, etc; permet d'annuler); (21-26) 16-27 (4-31) 3--9; variante A:(21-27) 36-22 (45-50) 22-39 (15-20) 7-2 (50-45) 18-13 (20-24) 13-8 (et non 9 qui serait suivi de (45-18) nulle!) (24-29 8-3 gagne.

Du même auteur: une dame noire à 38 et un pion à 33 contre deux dames blanches à 2 et 25 et un pion à 37 gain par 2-16 (ici 38-47 perd aussitôt par 16-38 (33-42) 25-48); donc après l'attaque 2-16 (38-42) 25-48 (33-39) 48-37 (39-44) 37-28 gagne sur (44-50) 16-27.

Alain Paquot

à Parthenay

Comme nous l'avions écrit dans notre dernière chronique (Le Soir du 28 septembre), le jeune Sprimontois Alain Paquot fut le seul à annuler ses deux parties contre les vainqueurs du championnat du monde des cadets, les Soviétiques Igor Koyfman et Alzexandre Fourman. Nous avons examiné sa partie contre ce dernier, et la fin de partie comporte aussi quelques «finesses» intéressantes:

32-28 (17-21) 31-26 (19-23) 26-17 (12-21) 28-19 (14-23) et le Russe évite la complication qu'il aurait pu créer en répondant 12-17 au deuxième coup du Belge. Il préfèrera simplifier en pionnant plusieurs fois: 37-32 (10-14) 34-30 (7-12) 33-28 (5-10) 28-19 (14-23) 30-25 (10-14) 35-30 (21-27) 32-21 (16-27) 39-33 (14-19) 25-14 (9-20) 30-25 (4-9) 25-14 (9-20) 42-37 (1-7) 44-39 (3-9), Alain a une position solide en aucun point inférieur, le pion taquin 27 n'est ici pas avantageux; les blancs peuvent l'attaquer 5 fois à 32 et les noirs ne pourraient le maintenir ne pouvant le défendre que 4 fois, les blancs, comme ils le feront plus tard, pourront toujours s'en débarrasser. 40-34 (18-22) 50-44 (13-18) 33-29 (9-14) 38-33 (20-25) 37-32 (27-38) 33-42 (8-13) 42-38 (11-17) 38-32 (17-21) 41-37 (6-11) 47-42 (12-17) 42-38 (7-12). Le Soviétique a une position solide et le Belge doit être très vigilant, 44-40 (2-7) 36-31 (21-26) 32-27 (14-20) 49-44. Assez curieusement, c'est au tour du Soviétique d'être vigilant!

Il n'a qu'un seul coup jouable, tous les autres perdant aussitôt (Voir diagramme.)

A. FOURMAN (U.R.S.S.)

A. PAQSOUT (Belgique)

sur (19-24), gain du pion par 38-32 ou 48-42, etc. Mais il y a mieux: 27-21! (21-42) 43-38 (42-33) 39-8 (12-3) 21-1. Revenons au diagramme: (11-16) dame par 37-32 (26-28) 38-33 (22-31) 33-2 enfin sur (22-28) ou (23-28) gain par 27-22 ou 29-23 donc (20-24) est forcé 29-20 (25-14) 34-29 (23-34) 40-29 (22-28) coup fort qui menaça par (18-22), etc. 38-33 (17-21) 27-16 (14-20) 33-22 (18-36) 43-38 (36-41) afin de mettre un pion vulnérable à 27; 48-43 (41-32) 38-27 (13-18) 46-41 (11-17) 41-37 un petit atout dans le jeu d'Alain, le pion 16 qui permet de «coller» à 11 en cas d'attaque de deux pions (20-25) 44-40 (ici 25-30 était à méditer, menace par 30-34 suivi de 18-22; l'attaque de ce pion permet, pendant ce temps de repos, l'attaque 17-22 mais le Russe choisit (19-24) 29-20 (25-14) 39-33 (17-22) les noirs décident cette attaque car attendre maintiendrait cinq pions inactifs; 16-11 (22-42) 11-2 (26-31) la course vers une deuxième dame, mais... 2-16! (31-37) 33-28 (12-17) 16-27! (18-23) 28-10 (15-4) et le Soviétique accorde sportivement la partie nulle inévitable: 40-34! sur (42-47) 43-38, etc. sur (42-48) 27-32, etc. sur (37-41) 27-31 (42-48) 31-37, etc. sur (4-10) 27-36 annule facilement. Une belle résistance du champion sprimontois! Le reportage sur le tournoi international d'Eindhoven dans notre prochaine chronique, le 26 octobre.

MAURICE VERLEENE.

PROBLEME N° 622. - Par Soupline (U.R.S.S.). Les blancs jouent et gagnent.

SOLUTION DU N° 621. - 30-24 (16-27) 15-10 (4-15) 24-19 (13-24) 29-20 (16-24) 34-29 (23-15) 44-40 (45-34) 39-10 (28-48) 38-33 (5-14) 35-30 (25-34) 33-28 (22-33) 31-4 (48-31) 4-21 (26-17). Une des plus belles compétitions du maître problémiste liégeois, Paul Deguée.