ILS ONT BRILLE AU TOUR DE FRANCE A LA VOILE EN PORTANT LES COULEURS DE NOTRE REGION OHE OHE,LES PETITS BRUXELLOIS VOGUENT...

VUILLE,NICOLAS

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Samedi 30 août 1997

Ils ont brillé au Tour de France à la voile en portant les couleurs de notre Région

Ohé ohé, les petits Bruxellois voguent de mer en mer

Le voilier «T. Service Intérim-Région de Bruxelles-capitale» a terminé 18e sur 26 au classement général du Tour de France à la voile et 8e sur 15 parmi les amateurs de cette compétition. Il vient de se distinguer comme premier belge au championnat d'Europe qui vient de se dérouler à Nieuport (en first class 8). Les Bruxellois, nés en bord de Senne, auraient donc le pied marin ?

- Effectivement, nous ne sommes pas en bord de mer, mais cela ne nous empêche pas de nous entraîner, rapporte Quentin De Neve, un des matelots embarqués sur le voilier bruxellois. J'ai fait mes premières planches en Wallonie, notamment aux lacs de l'Eau d'Heure.

Quentin De Neve, étudiant en sciences économiques, a participé en juillet à son premier Tour de France à la voile.

- C'est une aventure vraiment fantastique, dit-il encore avec enthousiasme. On navigue pendant plus d'un mois en traversant des contrées que l'on a moins l'habitude de connaître : la Manche, l'Atlantique, la Méditerranée. Durant ce mois, nous avons aussi le bonheur de côtoyer de grands navigateurs : des champions du monde, des médaillés olympiques.

Le principe du Tour de France à la voile se montre démocratique : amateurs et professionnels peuvent y participer. De plus, ils ont les mêmes chances au départ, puisqu'ils voguent tous sur le même type de bateau, un Jeanneau One Design.

- Cela dit, nous ne participons pas tout à fait dans les mêmes conditions, précise Mady Faubert, une des responsables de l'équipe. Nous fonctionnons avec un tout petit budget et l'équipage dort sous tente lors des étapes. Les professionnels disposent de moyens beaucoup plus importants, qui leur permettent par exemple de loger à l'hôtel. Ils peuvent récupérer plus facilement...

VENT EN POUPE

Malgré le petit budget, les Bruxellois ont pu tenir tête aux plus grands...

- L'an dernier, nous n'avons pas eu de chance et nous avons terminé bon derniers au classement : nous avions notamment heurté un rocher, rappelle Mady Faubert. Au début de cette édition, les autres équipages se demandaient ce qui allait encore arriver aux «petits Belges». Heureusement, la chance était cette fois de notre côté...

L'équipage bruxellois a débuté ce Tour de France le vent en poupe. Il a terminé la première étape à la 8e place (sur 26). Les professionnels ont su le devancer par la suite, mais les Bruxellois n'ont pas manqué de créer la surprise plusieurs fois. Ainsi lors d'une étape au large de Bordeaux où plus de la moitié de la flotte a dû déclarer forfait, privée de vent et prise dans des bancs de sable. Le « T. Service Intérim-Région de Bruxelles-capitale» a pu déjouer ce piège, finissant parmi les premiers.

- Notre rêve est évidemment de participer à la Whitbread, une course autour du monde avec escales et en équipage, ajoute Mady Faubert. Le summum. On y rencontre le gratin. Mais ce n'est qu'un rêve : pour participer, il faut de solides moyens. Les budgets sont énormes...

En attendant, l'équipage du voilier bruxellois prépare déjà son prochain Tour de France. Sont-ils tous partants ?

- C'est clair que oui, répond sans ambage Quentin De Neve.

N. V.