ILS ONT CHANGE DE CAP JEAN-PHILIPPE ALTENLOH COMEDIEN PUIS ENTREPRENEUR DE POMPES FUNEBRES

BOKHORST,HERMINE

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Samedi 27 juillet 1996

ILS ONT CHANGÉ DE CAP

Jean-Philippe Altenloh

Comédien puis entrepreneur de pompes funèbres

1Dans quelles circonstances avez-vous changé de métier ? J'étais comédien depuis cinq ou six ans. Après le conservatoire en 1983, j'ai joué au Rideau, au Parc, aux Galeries... Un jour, un entrepreneur de pompes funèbres m'a proposé de rejoindre son équipe. J'ai sauté sur l'occasion tout en continuant à faire des spectacles. Puis, les emplois devenant de plus en plus rares dans le monde du spectacle et mes responsabilités dans l'entreprise de plus en plus importantes j'ai opté pour la nouvelle aventure. Mais il m'arrive de remonter sur les planches.

2Comment vous êtes-vous préparé à cette nouvelle carrière ? Sur le tas. J'avais déjà une petite expérience comme jobiste : j'avais conduit un corbillard pendant un mois. Le métier de comédien m'aide à réagir correctement face à la personne qui fait appel à mes services. En peu de temps, il faut comprendre dans quel état psychologique elle se trouve.

3Qu'est-ce qui a changé dans votre vie avec ce nouveau départ ? Le théâtre me manque beaucoup, l'ambiance surtout. Y naissent des passions et des histoires d'amour très fortes et très courtes. Parfois cela se passe mal, alors on est heureux que cela se termine. Dans le domaine des pompes funèbres, c'est encore plus court. Quand je rencontre une famille et que je la quitte une semaine après, les rapports ont été d'une grande intensité. Le fait que les gens me fassent confiance est une expérience fabuleuse qui a changé ma vie. Je retrouve malgré tout le métier d'acteur dans les nuances des relations. Aujourd'hui, j'ai un rythme de vie plus régulier et... un revenu plus stable.

4Comment a réagi votre entourage ? Très bien. Mes collègues comédiens ont bien compris. Beaucoup d'entre eux sont obligés de travailler ailleurs, dans la pub, les taxis... ou de pointer entre les spectacles.

5Conseilleriez-vous à d'autres de changer de profession ? Je n'ai pas de conseils à donner. Mais quand il se présente un nouvel emploi qui permet un épanouissement au moins de la même intensité que celle de la profession antérieure, il faut foncer.

Propos recueillis par

HERMINE BOKHORST