Ils veulent un tram plutôt que l’autoroute

MOREL,PIERRE

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Mardi 2 octobre 2007

Liège

Compte tenu de la faible diffusion de leur appel à manifester et de la sévère drache qui plombait alors le ciel liégeois, les organisateurs étaient satisfaits de voir une petite centaine de personnes réclamer avec eux hier à 18 heures devant l’Hôtel de Ville de Liège l’abandon du projet de liaison autoroutière A605 entre Cerexhe-Heuseux et Beaufays (CHB) au profit d’un tram liégeois.

Une revendication portée par une pétition forte de 2.300 signatures sur l’Internet (http://tramliege.be) et qui est aussi une antienne du parti Ecolo, logiquement très représenté parmi les manifestants.

« Jusqu’à présent, l’opposition au projet CHB était surtout le fait de voisins du trajet, souligne François Schreuer, organisateur de la manifestation. C’est bien sûr défendable, mais il faut reformuler la problématique dans une optique plus sociale. Les 400 millions d’euros que coûtera ce projet auront des conséquences sociales très claires. Combien coûtera le baril de pétrole dans vingt ans ? Qui pourra alors se permettre le luxe de se déplacer en voiture ? Il faut anticiper le besoin énorme d’un vrai réseau de transport en commun en construisant plutôt que cette autoroute un vrai tram urbain. Les villes françaises qui l’ont réalisé s’en félicitent ! Un peu de sagesse ! »

Questionneur infatigable sur le dossier au parlement wallon, l’Ecolo Bernard Wesphael partage ce sentiment : « Les budgets wallons ne permettront pas, comme certains l’affirment, de faire CHB et un tram. Ce projet est catastrophique pour la mobilité à Liège. Nous essayons d’en empêcher la mise en œuvre en contestant l’attribution du marché à la Sofico devant la Commission européenne. Mais il a fallu réactiver notre question. »

Mais tout cela peut-il empêcher le lancement d’un projet qui faisait partie de l’accord de gouvernement wallon ? « Le temps jour pour nous, estime François Schreuer. Chaque joue, le pétrole devient un peu plus rare ! ».